(Washington) Google a fait savoir lundi que les développeurs qui distribuent leurs applications via sa plateforme de téléchargement, le Google Play Store, seraient désormais obligés, graduellement, d’utiliser aussi son système de paiement, et donc de payer 30 % de commission sur les transactions numériques des consommateurs.

Agence France-Presse

La nouvelle intervient alors que son concurrent Apple subit des attaques de plus en plus véhémentes des régulateurs et de nombreuses sociétés, dont Epic Games (éditeur du jeu Fortnite), qui l’accusent d’abus de position dominante sur son App Store et de prélever une commission trop élevée (30 % aussi).

Google est moins critiqué que son voisin californien parce qu’il autorise des magasins d’applications autres que le sien sur Android, son système d’exploitation. Alors que sur les téléphones et tablettes sous iOS (Apple), l’App Store est incontournable.

« Cette ouverture signifie que même si un développeur et Google ne sont pas d’accord sur les termes financiers, le développeur peut quand même être présent sur Android », rappelle Google dans son communiqué publié lundi à l’intention des éditeurs.

C’est la grande différence entre Google et Apple : si Apple bannit une appli de sa plateforme, les utilisateurs d’iPhone n’y ont plus accès. Les utilisateurs d’appareils sous Android, en revanche, peuvent recourir à d’autres « magasins » que le Play Store.

« Fortnite, par exemple, est encore disponible sur Android via le magasin d’Epic ou d’autres sources », insiste Google, dans un pied de nez à Apple.

Epic Games a tenté en août de contourner les technologies de paiement de Google et d’Apple, qui ont immédiatement retiré Fortnite de leurs magasins.

Mais la guerre dans les tribunaux continue surtout avec le fabricant de l’iPhone, car les utilisateurs d’appareils Apple ne peuvent désormais plus télécharger le jeu de tir et de survie (ou avoir accès aux mises à jour, essentielles pour le bon fonctionnement de l’appli).

Google a expliqué qu’il entendait appliquer plus strictement ses propres règles, sans bouleversement pour les développeurs.

« Moins de 3 % des éditeurs qui ont des applis sur Play ont vendu des biens numériques ces douze derniers mois, et sur ces 3 %, la vaste majorité, près de 97 %, utilisent déjà le système de paiement de Google Play », précise le groupe.

Il assure aussi qu’il ne privilégie pas ses propres applications – Epic Games, d’autres entreprises et des élus reprochent à Apple d’être à la fois juge et partie.

« Nos algorithmes évaluent les applis des tiers et les jeux avec les mêmes critères que ceux utilisés pour classer celles de Google », souligne le géant de l’internet.