(San Francisco) Et si Donald Trump, en cas de défaite, tentait de prétendre sur les réseaux sociaux qu’il avait gagné ? C’est l’un des nombreux scénarios problématiques auxquels Facebook et Twitter, entre autres, se préparent activement, à un peu plus de mois de l’élection présidentielle.

Agence France-Presse

Selon le New York Times, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, tient des réunions quotidiennes avec d’autres responsables sur les risques que ses plateformes puissent être utilisées pour contester les résultats.

Le président américain met régulièrement en doute la fiabilité du vote par correspondance, une méthode prisée aux États-Unis, et cruciale en période de pandémie.

« Nous avons déjà réalisé une série d’exercices d’urgence et de simulations pour imaginer des situations possibles et nous assurer que nous sommes prêts à y faire face », déclarait récemment Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la cybersécurité de Facebook, lors d’une conférence de presse.

Il présentait un nouveau centre d’information sur le scrutin, sorte de guichet unique sur le modèle de celui créé sur le coronavirus, pour dispenser des informations fiables en temps réel.

Twitter, de son côté, envisage la possibilité que la période électorale dure bien au-delà du 3 novembre, jusqu’à l’investiture du président élu en janvier.

« Nous tirons des leçons de tous les scrutins récents dans le monde pour améliorer notre travail sur l’intégrité des élections », a déclaré vendredi Jessica Herrera-Flanigan, une vice-présidente du réseau.

Signe de l’enjeu exceptionnel de ces préparatifs, les plateformes rivales collaborent activement pour éviter de reproduire les scandales de 2016.  

La présidentielle précédente avait été marquée par des campagnes d’influence déguisées, principalement orchestrées depuis la Russie.

Les acteurs du secteur technologique rencontrent régulièrement la police fédérale américaine (FBI) et d’autres autorités afin de déjouer ce genre d’opérations de manipulation.

Mais la situation pourrait se compliquer si jamais le président lui-même venait à semer la confusion.

« Facebook marche sur une corde raide », a expliqué à l’AFP Adam Chiara, professeur de communication à l’université de Hartford. « Leur principe de base est d’encourager la liberté d’expression, pas de la restreindre ».

Facebook et Twitter ont déjà sévi, en épinglant des notes d’information sur des publications de Donald Trump sur le vote par correspondance,  jugés trompeurs et dangereux pour la bonne marche du scrutin.

Contrairement à Twitter, Facebook a jusqu’à présent autorisé les publicités politiques, mais pourrait les bannir après l’élection si jamais si le groupe le jugeait nécessaire pour lutter contre la désinformation, selon le New York Times.