(San Francisco) Jeff Bezos prévoit de défendre le bilan et les accomplissements de sa société, Amazon, dans des termes dithyrambiques mercredi lors d’une audition des quatre géants de la tech au Congrès sur d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles.

Agence France-Presse

Dans son discours d’ouverture, publié mardi sur le blogue de son groupe, il revient sur les prises de risque des débuts et s’étend sur son succès auprès des consommateurs, son rôle en matière de création d’emplois et la concurrence à laquelle Amazon fait face dans le secteur de la distribution.

Il conclut qu’Amazon « doit être examinée », comme toute grande organisation, mais avertit aussi, en amont : « Si quand vous regardez dans le miroir et évaluez les critiques vous pensez encore que vous avez pris les bonnes décisions, aucune force au monde ne devrait pouvoir vous faire changer ».

Comme Sundar Pichai (Alphabet, maison mère de Google), Tim Cook (Apple) et Mark Zuckerberg (Facebook), le patron va devoir défendre son entreprise, accusée d’être devenue trop dominante.

Jeff Bezos revient sur sa naissance, d’une mère étudiante et d’un père immigrant, et sur celle d’Amazon, dans un garage, la première d’une longue série de prises de risque.

« Les rendements conséquents viennent des paris contre la sagesse populaire », assure-t-il, avant de rappeler que son groupe a aussi connu de nombreux échecs, chiffrés à plusieurs milliards de dollars.

Il se félicite de la confiance des consommateurs, et même du pays en général, en citant des « sondages indépendants » selon lesquels « 80 % des Américains ont une impression globalement favorable d’Amazon ».

Il assure que, loin d’écraser la compétition, son succès tient à celui de nombreuses PME et explique en partie la prolifération de sites de cybercommerce concurrents, de Walmart à Etsy.

Et il se démarque des trois autres leaders technologiques, tous situés dans la Silicon Valley, en faisant valoir que son groupe « ne compte que pour 1 % des 25 000 milliards de dollars du marché mondial de la distribution, et 4 % aux États-Unis ».

Mais l’accumulation de richesses par l’homme le plus riche au monde n’est pas du goût de tous.

D’autant qu’à la faveur de la pandémie et des mesures de confinement, Amazon s’est rendue encore plus indispensable dans la vie quotidienne.

Son activité de cloud (informatique à distance), leader d’un marché en forte croissance, héberge des plateformes comme Netflix. Le groupe commercialise directement beaucoup de produits de la vie courante et d’électronique grand public, comme les enceintes Echo, et détient aussi des services de divertissement (Amazon Prime Video, Twitch…).

Surtout, son site de vente en ligne a fait face à une explosion de la demande au début de la crise sanitaire, au point que le groupe a dû décider quels produits seraient expédiés en priorité et quels autres devraient attendre.

Un site sur lequel de nombreux députés et associations lui reprochent d’être juge et partie.

« C’est comme si j’avais un magasin dans un centre commercial et que le propriétaire de ce centre installait une boutique devant la mienne, pour vendre les mêmes produits que moi, à des prix moins élevés », relate Mike Massey, le propriétaire d’une enseigne d’équipements sportifs de La Nouvelle-Orléans, lors d’une conférence de presse organisée par Athena, un groupement d’associations anti-Amazon.