Ça sentait l’été et les vacances, hier, à la toute première assemblée des actionnaires de Lightspeed. L’ex-numéro 2 de Google et président du conseil de Lightspeed, Patrick Pichette, arborait même un look californien pour présider l’évènement qui n’a attiré qu’une poignée d’actionnaires.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Pour se convaincre que c’était le rassemblement annuel d’une des entreprises les plus hot au pays, il fallait composer le symbole boursier de Lightspeed sur son portable. Car l’action du spécialiste montréalais des logiciels de commerce électronique pour restaurateurs et détaillants continue de s’apprécier à la vitesse de la lumière. Le titre a gagné 10 % hier, à 45,89 $. Il a maintenant presque triplé de valeur depuis son inscription en Bourse au prix initial de 16 $, en mars dernier.

La poussée boursière des 24 dernières heures est liée à la publication de résultats de début d’exercice supérieurs aux attentes. Mais aussi à l’accélération de la croissance, comme en témoigne la mise à jour des perspectives présentée hier. La direction prévoit dorénavant que les revenus de l’exercice oscilleront entre 112 et 115 millions, plutôt qu’entre 107 et 110 millions.

Le modèle d’affaires de Lightspeed repose sur deux piliers : les acquisitions et la croissance interne. Pour alimenter la croissance organique, la direction tente d’attirer de nouveaux marchands dans plus de marchés qui adopteront plus d’une solution offerte par l’entreprise.

Lightspeed soutient que ses produits sont utilisés dans 51 000 emplacements clients dans une centaine de pays, alors que le marché potentiel serait de 47 millions d’emplacements clients. Si les investisseurs salivent devant cette circonstance opportune, ils semblent aussi impressionnés par la percée que Lightspeed réalise avec son nouveau module de solutions de paiement.

La Presse s’est entretenue hier avec le fondateur et chef de la direction Dax Dasilva, en marge de l’assemblée des actionnaires.

Êtes-vous surpris par l’explosion de l’évaluation boursière ?

Nous sommes évidemment ravis. Nous tentons de réaliser quelque chose d’ambitieux et le cours boursier confirme que nous prenons les bonnes décisions. Ça nous fait sentir que nous avançons dans la bonne direction.

Comment expliquer cet engouement ?

Il n’y a pas de leader dans le segment de marché que nous ciblons. Il y a des concurrents différents pour les restaurateurs et les détaillants dans chaque pays où nous sommes présents. Nous avons une opportunité de devenir la référence mondiale. Nous réalisons des progrès à chaque trimestre et nous ne sommes encore qu’en début de parcours.

Est-ce difficile de ne pas constamment vérifier où est rendu le cours de l’action ?

On essaie de faire en sorte que l’équipe ne se laisse pas distraire, mais les dirigeants, incluant moi-même, doivent suivre la fluctuation parce que nous avons plusieurs cibles d’acquisition en vue. Nous sommes aussi en recrutement et on offre des actions. Il faut donc être conscients de la situation, mais nous ne voulons pas que l’équipe se concentre sur le cours boursier parce que, ultimement, Lightspeed est un projet à long terme. Le cours boursier d’aujourd’hui ne représente pas ce que nous bâtissons ni ce que nous serons dans cinq ans.

Pourquoi venez-vous de déposer un prospectus valide pour deux ans permettant d’émettre des titres d’une valeur pouvant atteindre un demi-milliard de dollars ?

C’est dans une optique de bonne gouvernance que le conseil d’administration l’a suggéré. Ça nous permet d’agir plus rapidement lorsque les conditions de marché sont propices pour nous aider à réaliser une acquisition, par exemple.