Instagram rentabilise le développement personnel

Instagram est devenu une vitrine rentable pour des... (PHOTO DADO RUVIC, REUTERS)

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Instagram est devenu une vitrine rentable pour des psychothérapeutes ou coachs en développement personnel.

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Agence France-Presse
Paris

« Je prends conscience de la puissance créatrice des pensées », « Mon pouvoir se trouve toujours dans le moment présent »... sur fond de paysages paradisiaques, ces citations se multiplient sur Instagram, devenu une vitrine rentable pour des psychothérapeutes ou coachs en développement personnel.

Sur le compte de SpiriVie sur le réseau social, sous des photos carrées ornées de conseils, un lien conduit vers un site proposant des formations aux métiers du bien-être, que SpiriVie commercialise pour les entreprises qui les assurent.

Un partenariat récent : le site a été créé il y a deux mois, précise Benjamin Tournier de Gabriac, à l'origine de la page Instagram qui elle, existe depuis deux ans.

Le compte Instagram de ce sophrologue et sexologue, fondateur d'un site de rencontre « bien-être et spirituel » servait au départ à « être présent sur les réseaux sociaux », explique-t-il à l'AFP. Il a presque atteint les 23 000 abonnés.

« Tous les jours, je reçois des demandes pour des placements de produits », témoigne-t-il. Encens, bougies, cristaux...

Des offres qu'il assure avoir refusées parce qu'elles ne « lui correspondaient pas », jusqu'à la proposition d'un partenariat pour des formations aux métiers du bien-être.

Approchés par des marques

Benoît Jacob, qui a décidé de consacrer son compte de plus de 27 000 abonnés au développement personnel il y a un an, a déjà reçu une dizaine de propositions similaires.

« Je n'ai donné suite à aucune », déclare-t-il.  

« Si je trouve un produit totalement en accord avec mes idées, pourquoi pas ? », glisse-t-il.

Deux raisons ont poussé le sophrologue et coach en développement personnel à créer son compte Instagram, auquel il consacre une heure par jour en moyenne : « Pouvoir interagir avec plus de monde et acquérir de la visibilité ».

« J'ai gagné 50 % de patients », admet-il. Il a créé en même temps un service de consultations téléphoniques, dont la plupart des clients viennent du réseau social.

La majorité de ses abonnés ont entre 18 et 24 ans d'après ses statistiques. « Je pensais que le développement personnel venait plus tard », s'étonne-t-il.

L'agence Chez Insta ne compte pas de thérapeutes parmi ses clients.

« La monétisation de ces comptes passerait plus par la vente d'informations que par des partenariats avec des marques », analyse Glenn Vigouroux, fondateur de cette agence d'influenceurs.

« Leur but serait de créer une communauté pour ensuite vendre leur livre par exemple ».

Dans ce cas « on sort du rôle de l'influenceur, qui vend le produit d'une marque, puisqu'il cherche à vendre son propre produit ».

Aux États-Unis, certains comptes dépassent les 500 000 abonnés.

Pas d'insta-thérapie

Parmi les thèmes abordés sur Instagram : confiance en soi, anxiété...

« Cela me permet de mettre des mots sur ce que je n'arrive pas à comprendre », estime Angélique Desbos, 28 ans, abonnée à la page de la psychologue Émilie Antoine.

Lucas Andreoni, 17 ans, s'est abonné au compte « Neuroscience du bonheur » pour ses conseils « motivants » qui lui permettent de « relativiser et rester optimiste ».

« Pour certains, ces mots positifs font oeuvre de thérapie », observe Benjamin Tournier de Gabriac.

Il reçoit une centaine de messages par jour : « 80 % sont des remerciements, des témoignages disant que mon compte a changé leur vie », assure-t-il.

Pour répondre à ses messages, Benoît Jacob a mis en place des sessions de « questions/réponses », où il éclaire ses abonnés en vidéo.

« Cela ne remplace pas une thérapie, confie-t-il. Lorsque quelqu'un me parle d'un problème sérieux, je le redirige vers un professionnel ».

Les auteurs de ces comptes peuvent être des psychologues professionnels diplômés, mais pas toujours.

« Le risque, c'est que des gens prennent ça pour une thérapie », souligne Brigitte Asselineau, présidente de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse.

« Les conseils ne sont pas forcément adaptés à qui va les lire », appuie-t-elle, précisant que sa fédération travaille à encadrer ces pratiques en ligne.




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