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Manipulations électorales en ligne: Bruxelles menace de sévir

La Commission européenne menace de sévir à l'encontre des grandes plateformes... (PHOTO ARCHIVES REUTERS)

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Agence France-Presse
Berlin

La Commission européenne menace de sévir à l'encontre des grandes plateformes internet comme Google, Twitter et Facebook à la suite de nouvelles campagnes de désinformation et tentatives de manipulation constatées lors des récentes élections sur le continent.

Cette situation montre que des mesures supplémentaires sont nécessaires à la fois « du côté des États membres, mais surtout du côté des plateformes Facebook, Google et Twitter », a déclaré le commissaire européen à la Sécurité, Julian King, au quotidien allemand Die Welt à paraître dimanche.

Jusqu'ici, la Commission a opté pour une démarche volontaire de la part des plateformes pour éviter les campagnes de désinformation.  

Elle veut à présent examiner s'il faut passer à des mesures règlementaires. Le sujet de la manipulation sur l'internet sera à l'ordre du jour du prochain sommet des chefs d'État européens dans deux semaines.

L'an dernier, l'exécutif européen a conclu un « code de conduite » avec les plateformes sur les publicités électorales en ligne.  

Facebook comme Google ont mis en place en mars de nouvelles mesures de transparence archives consultables des publicités politiques diffusées et obligation pour les annonceurs politiques de se soumettre à un processus d'identification et de validation.  

Mais selon le commissaire, tout cela n'a pas suffi lors de la campagne des élections européennes de fin mai.

S'appuyant notamment sur un récent rapport de l'Institut pour le dialogue stratégique (ISD), il s'est dit préoccupé par le fait que de nouveaux acteurs en ligne ont profité du manque de cadre légal sur l'internet pour tenter de peser sur le scrutin.

En Espagne par exemple un réseau coordonné de comptes twitter a été mis au jour qui, « avec l'aide d'une combinaison de "robots" [programmes informatiques qui envoient automatiquement des messages, NDLR] et de faux comptes, a fait remonter les messages anti-islam » parmi ceux les plus échangés « afin de renforcer le soutien en faveur du parti d'extrême droite Vox », a dit le commissaire.

Des phénomènes similaires ont été constatés dans d'autres pays.

M. King a cité notamment le cas de l'Autriche, de la Roumanie, de la Lettonie, de l'Italie, de la France et de la Grande-Bretagne.

Partout, à l'aide de ces outils, l'objectif « est de répandre l'idée d'une grande conspiration cherchant à réduire au silence les protestataires », a-t-il ajouté.




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