(Shanghai) Le propriétaire chinois de Grindr a indiqué lundi son intention de revendre l’application de rencontres pour homosexuels, après des pressions des États-Unis qui invoquent des raisons de sécurité nationale.

Agence France-Presse

Dans un communiqué transmis à la Bourse de Shenzhen, le spécialiste des jeux en ligne Kunlun Tech a fait savoir qu’il avait signé un accord avec les autorités américaines concernant la vente de l’application d’ici juin 2020.

Kunlun Tech avait payé 93 millions de dollars en 2016 pour prendre 60 % de Grindr, largement utilisé par la communauté gaie à travers le monde.

L’entreprise était montée à 100 % du capital l’an dernier et prévoyait d’introduire l’application à la Bourse de Shenzhen (sud de la Chine) en 2020.

Or, selon des informations du Wall Street Journal publiées en mars, une administration américaine ordonnait à Kunlun Tech de céder Grindr, en raison de craintes de sécurité.

Le Comité pour l’investissement étranger (CFIUS) craignait que des utilisateurs américains utilisant l’application ne soient victimes de chantage si le gouvernement chinois exigeait des données à Kunlun Tech.

L’organe chargé d’examiner les conséquences sécuritaires des acquisitions de groupes étrangers aux États-Unis s’inquiétait d’une loi chinoise de 2017 qui impose aux entreprises du pays de coopérer avec les services de renseignements.

Ces craintes ont été amplifiées par la rivalité entre la Chine et les États-Unis pour la domination technologique (intelligence artificielle, 5G, Big Data), sur fond de guerre commerciale.

Cet accord daté du 9 mai interdit à Kunlun Tech d’accéder à certaines informations d’utilisateurs de Grindr et de transférer des données sensibles à des personnes ou des entités en Chine.

Grindr est également tenue de cesser toute activité dans le pays asiatique.

L’application fondée en 2009 revendique aujourd’hui des « millions d’utilisateurs quotidiens » gais, lesbiens, bisexuels, transsexuels et queer (LGBTQ) à travers le globe.