(Paris) Emmanuel Macron reçoit vendredi le patron de Facebook Mark Zuckerberg afin de définir avec le géant américain une stratégie contre les contenus haineux, après plusieurs mois de collaboration entre Facebook et des fonctionnaires français.

Laurent BARTHELEMY
Agence France-Presse

Concordance des vues : le jeune patron américain appelle désormais les États à intervenir pour réguler Internet et la France veut mettre en place de nouvelles législations aux niveaux français et européen.  

Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés le 23 mai 2018 au cours de la première édition de « Tech for Good », une réunion des patrons mondiaux du numérique qui avaient planché sur les contributions qu’ils pouvaient apporter aux biens communs, comme l’éducation et la santé.

Facebook a depuis accepté d’ouvrir ses portes à une mission de fonctionnaires français qui ont cherché à mieux comprendre comment la plate-forme repérait et retirait les contenus postés par les internautes.

Les conclusions de cette mission pourront inspirer la législation française, voire européenne, explique l’Élysée.

Le 30 mars, Mark Zuckerberg a publiquement appelé dans une tribune les pouvoirs publics à jouer un « rôle plus actif » pour réguler internet et réclamé de nouvelles règlementations dans quatre domaines : les contenus violents et haineux, l’intégrité des élections, la protection de la vie privée et la portabilité des données.

La France compte prochainement jeter les bases de nouvelles régulations avec une proposition de loi  sur les contenus haineux et un projet de loi sur la régulation de l’audiovisuel à l’ère numérique.  

La loi imposerait aux réseaux sociaux de retirer ou de bloquer tout contenu qui enfreint la loi dans un délai de 24 heures, sous peine d’amende.

Marc Zuckerberg et Emmanuel Macron devraient également discuter de la charte sur la haine en ligne que la France veut faire adopter au G7 de Biarritz de fin août ainsi que « l’appel de Christchurch » contre les contenus « terroristes ».  

Cet appel sera lancé par des patrons d’entreprises numériques réunis le 15 mai à Paris autour d’Emmanuel Macron et de la première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, pendant la deuxième édition du salon « Tech for good ».

Il s’agit d’empêcher que se reproduise le grave loupé de Facebook au cours de la tuerie du 15 mars dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui avait fait 50 morts. Le tueur australien avait retransmis en direct la vidéo de ses crimes, toujours visible sur l’internet malgré les mesures prises pour la retirer.