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Protection des données: Mark Zuckerberg «ne va pas jusqu'au bout»

FILE - In this April 4, 2013 file... (PHOTO MARCIO JOSE SANCHEZ, AP)

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FILE - In this April 4, 2013 file photo, Facebook CEO Mark Zuckerberg walks at the company's headquarters in Menlo Park, Calif. Facebook says it is launching new artificial intelligence technology to find intimate pictures that may have been uploaded without the consent of the photo's subject. Facebook says it will be able to spot the photos and videos known as 'revenge porn' and send them to be reviewed. (AP Photo/Marcio Jose Sanchez, File)

PHOTO MARCIO JOSE SANCHEZ, AP

JULIE JAMMOT
Agence France-Presse
Paris

La tribune du patron et fondateur de Facebook Mark Zuckerberg publiée samedi semble « superficielle » et un peu « hypocrite » à Maxime Sbaihi, directeur général du groupe de réflexion libéral GenerationLibre, qui prône notamment la « propriété privée des données personnelles ».

Mark Zuckerberg, dont le réseau social fait face à plusieurs crises de confiance et d'image, a appelé les pouvoirs publics à s'investir plus dans la régulation d'Internet et à s'inspirer des règles européennes en matière de protection de la vie privée.

Question : Qu'avez-vous pensé de la tribune de Mark Zuckerberg ?

Réponse : « C'est une intervention intéressante, mais c'est surtout une belle opération de communication. Il ignore ou fait semblant d'ignorer certains sujets, qu'il n'aborde pas et qui sont pourtant au coeur du problème, comme la question des données personnelles. Lors du forum de Davos, Angela Merkel avait posé la vraie question au centre de tout : à qui appartiennent-elles ?

Les données personnelles sont le sang de tout l'écosystème des plates-formes, il leur permet de se créer et de prospérer. Mark Zuckerberg en parle très rapidement, en disant que la portabilité c'est bien, qu'il faut protéger la vie privée et la démocratie. D'accord, mais il faut donner aux utilisateurs le pouvoir de décision sur ces données ; c'est à nous de décider ce que nous voulons en faire. Donc pour moi, c'est une tribune un peu superficielle, qui rate la cible ».

Q : Le fait que Mark Zuckerberg se montre favorable à une application du Règlement européen de protection des données (RGPD), est-ce un pas dans le bon sens ?

R : « Cela montre surtout que le RGPD n'est pas très contraignant pour Facebook. Je comprends son point de vue : un système de régulation harmonisé pour tout le monde, c'est pratique pour les boîtes mondiales qui essaient de grossir et font face à de plus en plus de défis. Cela leur permettrait d'économiser une armée d'avocats et de juristes.

Mais le RGPD ne règle pas la question de la vie privée. C'est bien pour la portabilité des données, le droit à l'oubli, les sanctions en cas de manque de transparence, mais il faut 45 minutes pour lire les conditions d'utilisation de Facebook ! Le RGPD, c'est un peu l'illusion de la responsabilité de l'utilisateur. On clique sur un bouton en bas de page, mais on ne sait pas où vont ses données, comment elles sont utilisées, on a juste le choix entre "connecté" ou "déconnecté".

Je trouve Mark Zuckerberg un peu hypocrite, quand il dit qu'il faut laisser le choix aux utilisateurs... si c'était vraiment le cas, il faudrait que ces données appartiennent vraiment aux internautes. Il est dans l'entre-deux, il avoue qu'il y a quelques problèmes à régler, mais il ne va pas jusqu'au bout, parce que s'il y allait, il mettrait en danger son "business model", qui est fondé sur la monétisation des données personnelles, dont Facebook fait des profils pour les revendre ».

Q : Le patron de Facebook appelle les pouvoirs publics à jouer un « rôle plus actif » pour réguler Internet, est-ce une bonne idée ?

R : « C'est à l'État de déterminer ce qui est un contenu haineux ou pas, pas à la plate-forme. Dans ce que dit Mark Zuckerberg, il y a l'aveu que Facebook ne peut pas arriver tout seul à encadrer les contenus, ce qui est compréhensible. Mais il parle de la création d'un organisme tiers pour les aider... Quelle serait la légitimité démocratique d'un tel organisme ?

Je ne vois pas pourquoi on associerait les plates-ormes à l'État pour définir la liberté d'expression, cela me semble assez dangereux. Nous avons des lois qui encadrent la liberté d'expression, il n'y a pas besoin d'un organisme tiers. En démocratie, le juge tire sa légitimité du pouvoir donné par l'État de droit. C'est à l'État de s'adapter et de s'assurer que ces lois sont appliquées. Beaucoup de dispositifs sont possibles : le dépôt de plainte numérique, la levée de l'anonymat...

Aujourd'hui, vous avez la Chine avec son modèle de nationalisme numérique, où l'État détient toutes les données et s'en sert pour contrôler ses citoyens, et vous avez la Silicon Valley qui en fait un projet de marchandisation où le but c'est que les gens produisent de plus en plus de données, pour en tirer un maximum de profits. Nous, nous disons qu'il y a une troisième voie, qui doit être celle de l'Europe, celle de la responsabilisation et du pouvoir des individus, avec la propriété privée des données personnelles ».




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