(New York) Le réseau américain de chaînes sportives ESPN va supprimer 500 postes, a indiqué son président dans une lettre interne envoyée jeudi et consultée par l’AFP, alors que le groupe fait face aux conséquences de la pandémie et au ralentissement du câble aux États-Unis.

Agence France-Presse

Sur l’ensemble des suppressions, 300 vont donner lieu à des licenciements, le solde concernant des postes non pourvus. Les effectifs du groupe atteignent actuellement environ 5000 personnes.

« Nous avons atteint un point d’inflexion », a expliqué le président Jimmy Pitaro, dans la lettre. « La vitesse à laquelle intervient le changement nécessite une grande urgence. »

« Il est plus important que jamais de mettre des ressources au soutien de notre stratégie de distribution directe aux consommateurs », a-t-il poursuivi, ce qui exclut le câble, qui passe par un intermédiaire câblo-opérateur.

Depuis sa création, en 1979, ESPN s’appuie sur la télévision par câble, qui a longtemps équipé massivement les foyers américains. Ce modèle lui assurait une manne financière provenant des abonnements.

Mais depuis une dizaine d’années et l’émergence de la vidéo en ligne, le câble perd inexorablement des abonnés chaque année et une partie de ses revenus publicitaires ont migré sur l’internet.

Filiale du groupe Disney, ESPN a donc cherché à se développer dans le numérique, notamment à travers le lancement d’une application vidéo dédiée, ESPN+, en 2018, qui compte désormais 8,5 millions d’abonnés.

ESPN, qui compte principalement les chaînes ESPN, ESPN2, ESPNU, ESPNews et un site internet fort de près de 500 millions de visiteurs par mois, a aussi dû se serrer la ceinture.

Le groupe a supprimé 400 postes en 2013, puis 300 en 2015, et encore 100 en 2017, avant les 500 annoncés jeudi.

L’arrivée de la pandémie, cette année, a encore compliqué l’équation, avec des centaines d’évènements sportifs annulés et, pour ceux qui ont eu lieu, des audiences en forte baisse.

S’ajoute à cela le fait que ESPN est toujours lesté par des contrats de diffusion pharaoniques, à plusieurs milliards de dollars par an au total, que le groupe a accepté de payer pour s’imposer face à la concurrence.

Si les suppressions de postes vont toucher tous les services, a indiqué une source proche du dossier, elles concerneront plus particulièrement les équipes dédiées à la couverture des évènements sportifs.