Radio-Canada demande la permission de diminuer d’une heure par semaine son obligation de diffuser des séries canadiennes dramatiques, des documentaires canadiens ou des émissions canadiennes de variétés sur sa chaîne de télé généraliste ICI Télé.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

Dans le cadre de son renouvellement de licence, Radio-Canada demande un assouplissement de plusieurs de ses obligations en contenu canadien au petit écran. En retour, le diffuseur public s’engage auprès du CRTC à hausser sa programmation de contenu canadien sur ses plateformes numériques comme ICI Tou.tv.

« La manière dont les Canadiens accèdent aux contenus change. Nous avons besoin de souplesse afin de choisir la plateforme qui convient le mieux pour offrir notre programmation aux Canadiens. Nous devons placer nos auditoires au cœur de nos décisions et de nos actions et être là où ils sont », a indiqué par courriel la direction de Radio-Canada.

Radio-Canada demande notamment de passer de sept à six heures obligatoires par semaine pour des émissions d’intérêt national de contenu canadien (documentaires, émissions dramatiques et comiques, émissions de musique, variétés et galas canadiens) en heures de grande écoute (de 19 h à 23 h) à la télévision généraliste.

En 2017-2018, ICI Télé a diffusé en moyenne 10,1 heures par semaine d’émissions d’intérêt national en heures de grande écoute.

Le diffuseur public propose toutefois un compromis au Conseil de radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), l’organisme réglementaire responsable des licences des groupes télé : la diffusion de huit heures par semaine d’émissions canadiennes d’intérêt national sur ICI Télé et sur ses plateformes numériques comme ICI Tou.tv. Contrairement à la télévision, qui est gratuite, une partie du contenu d’ICI Tou.tv est payant.

Consultation publique sur la programmation de Radio-Canada

Jusqu’au 9 décembre, le CRTC organise une consultation sur Facebook sur la programmation et les objectifs de Radio-Canada.

Les Canadiens sont notamment invités à s’exprimer pour savoir si Radio-Canada reflète la diversité du pays (francophones, anglophones, minorités culturelles, peuples autochtones), crée et diffuse des émissions canadiennes de « haute qualité », soutient les créateurs indépendants et veille à ce que le contenu canadien soit offert sur toutes les plateformes.

De plus, le CRTC tiendra une audience publique sur les licences de Radio-Canada en mai prochain. Les licences actuelles ont été attribuées en 2013 ; elles auront duré sept ans, deux de plus que les licences habituelles de cinq ans.

Le CRTC rendra ensuite sa décision sur les licences de Radio-Canada dans la deuxième moitié de l’année en 2020.

Programmation pour enfants

Sur la programmation destinée aux enfants, Radio-Canada veut diminuer son obligation de diffuser du contenu original canadien de 100 heures à 80 heures par année sur sa chaîne de télé généraliste ICI Télé. Radio-Canada garderait toutefois son obligation de diffuser 15 heures par semaine d’émissions canadiennes pour enfants.

Comme à la télé, le diffuseur public propose de hausser à 110 heures par année la programmation originale destinée aux enfants et aux jeunes de 13 ans et moins sur toutes ses plateformes, y compris sa plateforme numérique ICI Tou.tv. « Nous voulons ainsi tenir compte du déplacement des auditoires des plateformes traditionnelles vers les plateformes numériques, qui est particulièrement prononcé chez les jeunes Canadiens », a indiqué par courriel Radio-Canada.

En anglais, CBC propose de faire passer sa condition de licence sur les émissions d’intérêt national en heure de grande écoute de 9 heures à 7 heures par semaine. En comptant les plateformes numériques, CBC s’engage toutefois à diffuser 10 heures par semaine d’émissions d’intérêt national. Cet engagement ne serait toutefois pas une condition de licence, qui est contraignante.

Radio-Canada ne demande pas de changements significatifs aux licences de ses stations de radio.