La Bourse de New York a terminé jeudi en nette baisse, victime d'interrogations sur la solidité de la reprise aux Etats-Unis après des indicateurs décevants sur l'emploi et l'activité industrielle: le Dow Jones a perdu 1,54% et le Nasdaq 1,89%.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le Dow Jones Industrial Average a lâché 129,91 points, à 8.292,13 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 32,59 points, à 1.695,25 points, selon des chiffres définitifs de clôture.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a reculé quant à lui de 1,68% (15,14 points), à 888,33 points.

Les indices ont été sous pression tout au long de la séance, «alors que des signes de faiblesse continue sur le marché de l'emploi et la révision en baisse de la perspective de la note de la dette du Royaume-Uni (par une agence de notation) ont alimenté les doutes sur une reprise économique rapide», a indiqué Scott Marcouiller, de Wells Fargo Advisors.

Toutefois, le volume d'échanges a été peu étoffé alors que se profile un week-end de trois jours, lundi étant férié aux Etats-Unis.

Les investisseurs ont fait preuve de prudence face à des chiffres de l'emploi qui restent inquiétants. Le taux de chômage indemnisé est monté à 5% au cours de la semaine précédente, pour la première fois depuis décembre 1982: c'est «un obstacle pour une relance de la consommation et pour une reprise sur le marché de l'immobilier», a relevé Patrick O'Hare, de Briefing.com.

«Pour la première fois depuis des semaines», les investisseurs qui jouent la baisse des marchés ont des arguments à faire valoir, a estimé Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.

Aux prévisions négatives de la Réserve fédérale sur la conjoncture, rendues publiques la veille, s'ajoutent la faiblesse du dollar, qui se traduit par une hausse de l'or, et les spéculations sur l'endettement des Etats-Unis.

Les craintes de voir le Royaume-Uni privé de sa note maximale «AAA» par l'agence Standard and Poor's, qui lui reproche ses «finances publiques en détérioration», ont fait s'interroger les investisseurs sur le cas américain.

De plus, l'activité industrielle autour de Philadelphie a continué de se dégrader en mai, à un rythme légèrement moins rapide qu'en avril, mais davantage que prévu par les analystes.

Les valeurs industrielles ont d'ailleurs affiché des pertes importantes. Le fabricant d'engins de chantier Caterpillar a signé la plus forte baisse du Dow Jones en cédant 4,72%, à 35,54 dollars. Le producteur d'aluminium Alcoa a abandonné 4,11%, à 9,10 dollars.

Deux banques régionales jugées insuffisamment capitalisées par les autorités fédérales ont été lourdement sanctionnées après avoir lancé un appel au marché: Regions Financial a chuté de 16,16%, à 4,10 dollars, et Fifth Third Bancorp de 10,12% à 6,93 dollars.

Les grands établissements financiers ont mieux résisté à la pression: Citigroup a gagné 0,81% et JPMorgan Chase 1,01%, tandis que Bank of America n'a baissé que de 0,70%.

American Express a engrangé 0,71% à 24,15 dollars. Le Congrès américain avait voté la veille un projet de loi visant à protéger les utilisateurs de cartes de crédit face aux abus des organismes financiers.

Seules sept valeurs de l'indice vedette ont terminé en hausse, dont le constructeur automobile General Motors qui a bondi de 32,41% à 1,92 dollar. A quelques jours de la date butoir du 1er juin, GM a résolu l'un des gros points de blocage dans sa restructuration, en obtenant de nouvelles concessions syndicales.

Le marché obligataire a flanché. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a fortement progressé à 3,353% contre 3,202% mercredi soir et celui à 30 ans à 4,313% contre 4,160% la veille.