Le marché des propriétés résidentielles dans les principales villes canadiennes est à un « tournant » et s’oriente maintenant vers des baisses de prix, prévient la firme d’analyse financière Moody’s Analytics dans la mise à jour de ses perspectives immobilières.

Publié le 21 avril
Martin Vallières
Martin Vallières La Presse

Et c’est dans la région de Montréal que ce repli des prix des propriétés résidentielles pourrait être le plus marqué parmi les principaux centres urbains au Canada.

Selon Moody’s Analytics, ce repli pourrait être de l’ordre de 4,6 % en baisse annualisée à la fin de 2022. Il pourrait atteindre 7,5 % en baisse annualisée des prix à la fin de 2023.

Les prix des maisons à Montréal ont montré une plus grande sensibilité à la surévaluation dans les données historiques depuis 2005. Par conséquent, ils subiront probablement une pression à la baisse comparativement à Toronto ou à Vancouver.

Extrait du rapport de Moody’s Analytics, que La Presse a obtenu

« Avec la hausse des taux et la détérioration importante de l’abordabilité des logements, le marché immobilier résidentiel au Canada a atteint un tournant », lit-on dans le rapport confectionné avec la firme torontoise Real Property Solutions (RPS), une filiale du conglomérat Brookfield Asset Management.

« Étant donné que l’endettement élevé des Canadiens les rend relativement plus sensibles aux variations des taux d’intérêt, nous nous attendons à ce que l’appréciation du prix des maisons, qui a été forte depuis deux ans, ralentisse considérablement au fil des hausses de taux d’intérêt hypothécaires », indique Moody’s Analytics.

« Nous prévoyons une brève et légère baisse des prix des logements nationaux en 2023, après quoi la croissance des prix des logements reprendra, bien qu’à un rythme nettement plus lent. »

Un hausse en léger repli

Ainsi, à l’échelle canadienne, Moody’s Analytics anticipe que la hausse des prix des propriétés résidentielles ralentira à 1,5 % en taux annualisé d’ici la fin de 2022, avant de glisser en léger repli de l’ordre de 0,6 % vers la fin de 2023.

Mais parmi les provinces les plus populeuses, c’est au Québec que le repli des prix en immobilier résidentiel pourrait s’avérer le plus marqué : de l’ordre de 3 % à la fin de l’année 2022 et aux environs de 6 % à la fin de l’année 2023.

En comparaison, en Ontario, Moody’s Analytics anticipe un ralentissement de la hausse de prix des propriétés résidentielles aux environs de 2 % à la fin 2022 – contre 17 % observée à la fin de 2021 – qui serait suivi d’un repli de l’ordre de 0,7 % en taux annualisé vers la fin de 2023.

Parmi les principales régions urbanisées au Québec, outre le repli de l’ordre de 4,6 % en 2022 et de 7 % en 2023 qui est anticipé dans la région de Montréal, seule la région de Gatineau-Ottawa pourrait subir un repli comparable : de l’ordre de 3,5 % à la fin de l’année 2022 et durant toute l’année 2023.

Dans la région de Québec, Moody’s Analytics anticipe un ralentissement de la hausse annualisée des prix des propriétés résidentielles aux environs de 2,7 % à la fin de 2022 – hausse réduite de moitié par rapport à la fin de 2021 – et à seulement 1 % vers la fin de 2023.

Société canadienne d’hypothèques et de logement

En allumant des feux jaunes dans le marché de l’immobilier résidentiel au Canada, la mise à jour des perspectives de marché par Moody’s Analytics accentue la portée de celles publiées jeudi par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Dans son rapport sur les perspectives du marché de l’habitation, la SCHL s’attend à ce que la croissance des prix s’atténue pour se rapprocher des moyennes historiques d’ici la fin de 2023 ou le début de 2024.

Mais cette croissance restera positive et les prix des propriétés résidentielles demeureront élevés, anticipe la SCHL.

Par conséquent, combiné à la hausse des taux d’intérêt, le maintien des prix élevés continuera de nuire à la capacité financière des Canadiens d’accéder à la propriété résidentielle.

Avec La Presse Canadienne