Six mois après sa création, Sesami, filiale du géant québécois GardaWorld, boucle sa troisième acquisition en mettant la main sur Planfocus et sa plateforme spécialisée dans la gestion de l’argent comptant. Cette transaction constitue un tremplin pour l’entreprise, selon son président et chef de la direction, Stéphane Gonthier.

Publié le 9 août
Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

« Cela nous procurera une présence beaucoup plus importante sur l’Europe, l’Afrique et l’Asie que par le passé, affirme le gestionnaire de 56 ans, au cours d’une visioconférence avec La Presse alors qu’il se trouve en Floride. On aura une présence mondiale. »

Le montant de la transaction annoncée ce mardi n’a pas été précisé par Sesami, qui souhaite dominer le créneau de la gestion du numéraire. L’entreprise offre aux banques et à leurs clients commerciaux un logiciel de prévisibilité de la demande d’argent liquide.

Lisez « Du transport à la gestion du numéraire »

Après les acquisitions de Tidel et de Gunnebo annoncées le 1er février dernier, M. Gonthier, un ancien de Dollarama et d’Alimentation Couche-Tard, souhaitait continuer d’étendre l’empreinte géographique de la filiale de GardaWorld, surtout connue pour ses activités de transport d’argent. C’est ce que sa plus récente prise lui permet d’accomplir.

Fondée en 2004 à Munich, en Allemagne, Planfocus permettait d’atteindre cet objectif. Cette entreprise compte également parmi ses clients des institutions financières comme Deutsche Bank et le groupe néerlandais ING.

« Parfois, on trouve une application que l’on a déjà sur notre plateforme, mais qui a davantage de succès ou qui a plus de parts de marché, souligne M. Gonthier. C’est le pouvoir de Planfocus. Sa solution d’intelligence artificielle apprend d’elle-même. Il y a près de 80 000 guichets bancaires qui se fient à cette solution. »

Le grand patron de Sesami estime également que cette troisième acquisition lui permettra de vendre d’autres services à des clients avec qui la filiale de GardaWorld ne faisait pas affaire. De plus en plus d’entreprises, comme des banques, veulent réduire leur coût de gestion entourant l’argent liquide, ce qui offre d’importantes occasions de croissance pour Sesami, estime M. Gonthier.

Celui-ci chiffre à environ 1,4 milliard les revenus annuels de l’entreprise.

D’autres acquisitions en vue

Si GardaWorld est établie au Québec, il n’est pas encore acquis que la province abritera le siège social de Sesami, une entité indépendante du géant de la sécurité. Interrogé à ce sujet, M. Gonthier a affirmé qu’une décision serait prise dans « les mois à venir ». Peu importe ce qui sera décidé, il y a « plein de possibilités pour générer des centaines d’emplois à Montréal », notamment au chapitre de la recherche et développement, estime le patron de Sesami.

Celui-ci a par ailleurs prévenu que l’entreprise n’avait pas terminé ses emplettes. D’autres acquisitions devraient être annoncées, assure M. Gonthier.

« Notre objectif, c’est d’être présents dans plus de 150 pays, dit-il. On a l’intention d’annoncer des transactions dans un avenir pas trop lointain. Nous sommes très actifs au chapitre des fusions et acquisitions. »

Une cinquantaine de dossiers sont étudiés par l’équipe de Sesami, selon le gestionnaire.

En savoir plus

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    Nombre de continents où les solutions de Sesami sont utilisées
    Source : Sesami