Qui ne rêverait pas d’un logiciel qui pourrait éliminer les doublons des fichiers Excel, chercher automatiquement les clients potentiels sur LinkedIn, trouver leur adresse sur Google Maps et leur envoyer un courriel d’invitation ? Les entrepreneurs montréalais Mohannad El-Barachi et David Li ont fait plus qu’en rêver : ils ont fondé Wrk en 2019, une plateforme qui automatise plus de 350 tâches répétitives.

Publié le 2 février
Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

Avec les 55 millions en financement pour sa série A qui seront annoncés ce mercredi matin, « on va se rendre à 1500 tâches », annonce en entrevue M. El-Barachi, PDG de la jeune entreprise de 65 employés. La ronde de financement a été dirigée par White Star Capital et OMERS Ventures.

La somme, considérable pour une startup montréalaise, reflète de toute évidence l’intérêt de ce créneau. Wrk se présente comme « la première solution d’automatisation des processus » qui combine algorithmes et opérateur humain.

Disséquer les tâches

L’idée est née au sein de l’entreprise précédente de M. El-Barachi, SweetIQ, fondée en 2010 et dont le mandat était d’analyser l’impact local des grandes campagnes de marketing. SweetIQ a été vendue en 2017 à un éditeur américain, Gannett, propriétaire notamment du USA Today.

« Ç’a commencé avec les défis qu’on a eus chez SweetIQ, l’obligation de faire des tâches répétitives, de faire des rapports de recherche tout en intégrant employés et clients sur des systèmes différents, explique le PDG. Ce sont des processus qui peuvent être automatisés, mais les systèmes existants sont plutôt limités et rigides. »

Le système d’automatisation mis au point par Wrk ne se veut pas mur-à-mur. « Il y a des tâches qui peuvent être automatisées, d’autres non. On voulait trouver une solution qui explique les démarches une à une, pour établir quelle tâche peut aller à un robot, laquelle doit être faite par un humain. »

Concrètement, la plateforme Wrk est composée d’une bibliothèque de 350 outils dans laquelle chaque client peut piger au gré de ses besoins. La facturation pour les individus ou les petites entreprises se fait par tâche effectuée. M. El-Barachi donne en exemple la recherche de courriels de clients potentiels, au coût de 1,25 $ par utilisation. Les plus gros clients de Wrk, eux, paient des forfaits mensuels. Marketing, ventes, ressources humaines, soutien à la clientèle, finances, les « processus automatisés » proposés par cette plateforme touchent à peu près tous les domaines d’activités de gestion d’une entreprise.

Le but ultime : « La plupart des processus à l’interne sont à 80 % les mêmes d’une entreprise à l’autre, estime M. El-Barachi. Ce sont des tâches que les gens refont tous les jours. On pense à tout le temps qui est complètement perdu. On peut retrouver ce temps pour que leur temps soit bien utilisé, qu’ils aient des fonctions plus élevées que des copier-coller. »

Croissance « explosive » en vue

L’entreprise montréalaise a une cinquantaine de clients, essentiellement au Canada et aux États-Unis, parmi lesquels on compte le géant de la communication et des relations publiques Cision, le concepteur torontois du logiciel de commande Notch et les firmes montréalaises Pomelo Health et BrainBox AI. La plateforme, selon le site de l’entreprise, a accompli plus de 12 millions de tâches d’automatisation depuis son lancement.

« Chaque jour, nous entendons des entreprises qui se battent pour combler le fossé entre le potentiel des flux de travail autonomes et le temps et le coût de leur mise en œuvre, a déclaré par communiqué Laura Lenz, partenaire d’OMERS Ventures. Nous voyons un énorme potentiel dans le soutien d’une société qui peut faire exactement cela. »

Chez l’autre pilote de la ronde de financement, White Star Capital, on affirme avoir été « immédiatement enthousiasmés » par le produit de Wrk. « L’adoption croissante des outils d’automatisation par les entreprises, alliée à l’approche unique de l’équipe qui combine cognition humaine et automatisation de pointe, a positionné l’entreprise pour une croissance explosive », estime dans le communiqué Christophe Bourque, associé général de White Star Capital.