Les fabricants de produits alimentaires du Canada commencent à réduire leur capacité et à se concentrer sur certains produits clés alors qu’ils font face à des pénuries de main-d’œuvre et à des problèmes de chaîne d’approvisionnement qui ne montrent aucun signe d’atténuation.

Mis à jour le 19 janvier
Brett Bundale La Presse Canadienne

Les arriérés d’expédition, les retards dans l’obtention des emballages et des ingrédients et l’absentéisme élevé des travailleurs en raison des protocoles d’isolement de la COVID-19 interfèrent avec la disponibilité de certains produits, selon des experts.

La situation a incité certains fournisseurs de produits alimentaires à informer les épiciers des mesures qu’ils prennent pour exécuter les commandes, notamment la recherche de nouvelles sources de matériaux, l’ajout de capacité de transport et même la modification des recettes de produits, dans certains cas.

Les acheteurs doivent s’attendre à des problèmes intermittents de disponibilité des produits, a prévenu le chef de la direction du groupe industriel Food, Health & Consumer Products of Canada, Michael Graydon.

« Certaines marchandises vont et viennent et sont un peu sporadiques », a-t-il affirmé. « Mais les produits essentiels de la vie seront là. »

De nombreux fabricants de produits alimentaires font face aux pénuries de main-d’œuvre et de produits en se concentrant sur les saveurs et les tailles des produits les plus populaires, afin de maximiser leur efficacité, a noté M. Graydon.

Malgré tout, d’autres ont été contraints de réduire leur production alors que l’absentéisme atteint jusqu’à 20 % dans certaines usines, a-t-il précisé.

« Vous finissez par devoir réduire considérablement votre capacité de fabrication parce que vous n’avez pas la main-d’œuvre », a-t-il expliqué. « Nous avons déjà une forte demande de produits parce que l’industrie de la restauration est pratiquement en panne et que la consommation des ménages a augmenté. »

Pendant ce temps, les problèmes de chaîne d’approvisionnement ont également un impact sur la circulation des marchandises, en particulier au-delà de la frontière.

Les problèmes d’expédition retardent la livraison des produits fabriqués aux États-Unis vers les centres de distribution canadiens, ainsi que la disponibilité des matières premières comme les emballages, selon les experts.

« Il y a une pénurie massive de camionneurs », a rappelé M. Graydon. « Les marchandises ne bougent pas et le coût de leur transport augmente. »

La situation est aggravée par l’entrée en vigueur de la vaccination obligatoire pour les camionneurs, a-t-il ajouté.

« C’est une question de synchronisation », a souligné M. Graydon. « Ce nouveau variant a eu un impact significatif sur l’absentéisme […], nous ne pouvons pas nous permettre de perdre plus de chauffeurs en ce moment. »

Sylvain Charlebois, professeur de sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie, affirme que l’accès aux aliments au Canada représentera un défi pendant un certain temps.

« Il y a des goulots d’étranglement tout au long de la chaîne d’approvisionnement, en particulier dans la transformation », a-t-il observé. « Cela a un impact sur la distribution et, éventuellement, sur la capacité des épiciers à réapprovisionner les étagères. »

En conséquence, les consommateurs verront moins de soldes et de produits sur les tablettes des supermarchés, a prévenu M. Charlebois.

« Les promotions vont être vraiment, vraiment rares », a-t-il affirmé. « Et les acheteurs peuvent parfois remarquer des étagères à moitié vides. »

Pendant ce temps, la pénurie de camionneurs rendra la frontière moins fluide, ce qui entraînera des retards dans l’obtention des ingrédients et des produits finis, a poursuivi M. Charlebois.