Le fromager Saputo a connu des difficultés, au deuxième trimestre, qui ont fait reculer ses bénéfices, une tempête parfaite formée des perturbations liées à la COVID-19, aux pénuries de main-d’œuvre et à la chaîne d’approvisionnement ayant pesé sur ses résultats.

Brett Bundale La Presse Canadienne

« Il est clair que nous sommes toujours confrontés à des vents contraires considérables », a observé jeudi le président du conseil et chef de la direction du transformateur laitier montréalais, Lino Saputo Jr., lors d’une conférence téléphonique avec des analystes jeudi.

« Nous continuons de ressentir les perturbations persistantes de la pandémie et avec la réouverture des économies, nous sommes particulièrement confrontés à l’accès à la main-d’œuvre, aux difficultés de la chaîne d’approvisionnement et aux pressions inflationnistes. »

Le producteur de fromage et autres produits laitiers a réalisé un profit de 98 millions, ou 24 cents par action, pour le trimestre clos le 30 septembre, en baisse de 42,7 % par rapport à son profit de 171 millions, ou 42 cents par action, de la même période un an plus tôt.

Les résultats soulignent les défis liés aux goulots d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement et aux problèmes de main-d’œuvre, ce qui, selon la société, a exercé une pression sur sa capacité à répondre à la demande.

Saputo a également indiqué qu’il pourrait s’écouler encore au moins 12 mois avant que la disponibilité de la main-d’œuvre, en particulier aux États-Unis, ne se normalise.

Entre-temps, Saputo a instauré des hausses de prix pour s’ajuster à l’inflation, mais ces prix plus élevés ne parviennent pas à suivre la hausse des coûts.

« Les initiatives de tarification entreprises au cours du trimestre ont pris du retard sur la hausse des coûts, qui continue d’augmenter », a indiqué aux analystes le directeur financier de l’entreprise, Maxime Therrien.

« Le déploiement de notre initiative de tarification continuera d’être mis en œuvre […] ce qui devrait encore compenser une partie de la pression sur les coûts que nous subissons. »

La société a précisé que les coûts plus élevés, y compris la rémunération pour les heures supplémentaires, le transport, le carburant et l’emballage, devraient rester à des niveaux élevés.

Le profit ajusté, qui exclut les éléments non récurrents, a reculé de 37 % à 116 millions $, soit 28 cents par action, alors qu’il avait été de 184 millions $, ou 45 cents par action, au deuxième trimestre de 2020.

Les revenus sont restés stables à 3,7 milliards, une augmentation des ventes aux services alimentaires ayant été contrebalancée par une baisse des ventes chez les détaillants.