Développement Effenco renforce ses liens avec Derichebourg en participant à la conversion d’au moins 60 camions lourds du géant français de la collecte de matières résiduelles, un contrat de « plusieurs millions » pour le spécialiste québécois de l’électrification de véhicules lourds industriels.

Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Le travail de cette commande annoncée ce mardi s’effectuera dans les installations de l’entreprise situées rue Saint-Patrick, dans l’arrondissement du Sud-Ouest, à Montréal, où travaillent environ 80 personnes. Les systèmes s’envoleront ensuite pour la France, où ils seront installés sur des véhicules lourds vocationnels – collecte des ordures, de matières recyclables et de compost – exploités par Derichebourg.

« C’est une vente vers l’extérieur non subventionnée », s’est félicité le président d’Effenco, David Arsenault, au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse. « C’est un bel exemple de symbiose. On permet à Derichebourg d’être plus concurrentielle. Eux, ils sont contents, parce qu’ils gagnent plus de contrats et ils achètent une technologie pour le faire. »

Derichebourg pourrait bonifier son plus récent contrat avec Effenco si elle décrochait d’autres contrats qu’elle convoite en France dans le cadre d’appels d’offres en cours. Dans le passé, certains systèmes hybrides achetés par la multinationale pour son antenne canadienne avaient été admissibles à une aide financière.

Fondée en 2006, Effenco a installé sa solution hybride électrique sur plus de 400 camions en circulation et vient de lancer une nouvelle solution entièrement électrique.

Les systèmes installés par l’entreprise ont parcouru plus de 5 millions de kilomètres.

La technologie de la société repose sur une solution mieux adaptée à des utilisations interrompues – comme celles qu’on retrouve dans diverses industries – que les moteurs de voiture électrique alimentés par une pile au lithium-ion.

Elle permet ainsi l’arrêt du moteur du camion dès son immobilisation pendant que les équipements, comme le lève-bac, demeurent fonctionnels. « Pour un véhicule lourd, on parle d’une réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre, dit David Arsenault. C’est comme enlever quatre ou cinq voitures de la route. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

David Arsenault, président d’Effenco

Il y a un peu moins d’un an, Derichebourg, présente dans neuf pays, dont le Canada, s’était tournée vers Effenco pour électrifier 157 de ses véhicules lourds – 120 dans l’Hexagone et 37 à Montréal.

La technologie a donc convaincu le géant français, qui a demandé 60 systèmes supplémentaires à l’entreprise québécoise. Parallèlement à ses systèmes hybrides, Effenco continue de peaufiner la commercialisation de sa solution 100 % électrique, qui progresse « très bien », selon M. Arsenault.

« Il y a déjà des intentions pour déployer la technologie au Québec et en France, tant dans la collecte de matières résiduelles que dans les activités portuaires. Les entreprises qui ont acheté des systèmes hybrides vont pouvoir [faire la transition]. Chaque vente hybride est un pas vers l’électrique. »

Effenco est également impliquée dans le virage vers l’électrification au sud de la frontière. Elle est prête à électrifier 1100 camions à ordures au cours des trois prochaines années à New York, ce qui s’ajoutera aux quelque 30 véhicules finalisés.

Effenco est présente dans 11 pays depuis qu’elle a commencé à offrir ses systèmes de conversion de véhicules lourds.