Le transformateur de poulets Exceldor a accepté jeudi « l’hypothèse de règlement déposée par la médiatrice spéciale ». L’entreprise appelle maintenant les employés syndiqués à mettre fin à la grève, qui paralyse l’abattoir Saint-Anselme depuis le 23 mai.

Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Nous considérons que la balle est maintenant dans le camp des employés syndiqués et nous leur tendons la main pour mettre fin au conflit qui nous occupe », a en effet martelé l’organisation dans une publication Twitter, jeudi en début de journée.

La coopérative soutient notamment qu’elle souhaite « depuis le tout début » trouver une solution « afin de faire cesser le gaspillage alimentaire ». La direction a aussi soutenu que « la balle est le camp des employés syndiqués », en disant leur « tendre la main » pour mettre un terme au conflit de travail. Exceldor affirme être prêt à reprendre ses opérations « le plus rapidement possible ».

Le syndicat encouragera les 550 travailleurs de l'abattoir à voter en faveur de l'entente, a-t-il fait savoir jeudi.

À Québec, les réactions n’ont pas tardé. « Une autre étape franchie dans le conflit chez Exceldor. C’est une bonne nouvelle », s’est entre autres réjoui le ministre du Travail, Jean Boulet. Les syndiqués, note-t-il, se prononceront en assemblée générale souveraine.

En début de semaine, M. Boulet avait toutefois affirmé qu’il n’aurait pas recours à une loi spéciale pour résoudre le conflit. Le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, avait aussi qualifié la situation de « disgrâce ». « Ce que je peux faire, c’est de faire appel à leur sens civique, à leur sens de responsabilité sociale pour régler ça, a-t-il affirmé. Un gaspillage comme ça dans une société éduquée et riche comme la nôtre, ce n’est pas acceptable. »

Plusieurs séances de discussion ont eu lieu avec la médiatrice, nommée par le ministre au début du mois de juin. Mardi, en fin de journée, elle a rencontré séparément les deux parties.

Mercredi, à l’issue d’une rencontre avec le ministre, le syndicat chez Exceldor s’était engagé à soumettre à ses membres l’hypothèse de règlement élaborée par la conciliatrice, si la direction de l’entreprise acceptait cette proposition. « Le comité va expliquer aux travailleurs cette offre et va leur recommander de l’accepter », a déclaré Roxane Larouche, responsable des communications pour les Travailleurs et Travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC).

« Selon les membres du comité de négociations, elle rejoint l’essentiel des demandes syndicales », a-t-elle ajouté. Les 550 travailleurs du transformateur de poulet Exceldor de Saint-Anselme, dans Chaudière-Appalaches, sont en grève depuis un mois, soit depuis le 23 mai.

Dans ce conflit, les salaires et les assurances et l’amélioration des conditions de travail comptent parmi les points de mésentente. Les syndiqués souhaitent obtenir un salaire de 25 $ l’heure. En mai, on leur aurait offert une rémunération passant de 20,71 $ à 22,51 $ l’heure. La proposition a été rejetée. Selon la dernière offre qui a été dévoilée, l’employeur propose un salaire de 22,51 $ l’heure, mais le syndicat continue de revendiquer 25 $ l’heure.

La grève, qui dure maintenant depuis un mois, paralyse les activités d’un des plus importants abattoirs du Québec. Mercredi, La Presse rapportait en effet que dans une usine de Chaudière-Appalaches, où il se transforme normalement 1 million de volailles par semaine, pas moins de 1,5 million d’oiseaux auront été euthanasiés si le conflit perdure jusqu’à vendredi.

Avec La Presse Canadienne