(Bichkek) Le Kirghizstan a annoncé mercredi réclamer près de 5,15 milliards de dollars de dommages et intérêts à l’opérateur canadien de sa mine d’or géante de Koumtor, menaçant de mener l’affaire jusque devant les tribunaux internationaux.

Agence France-Presse

Pays pauvre d’Asie centrale avec peu de ressources naturelles, le Kirghizstan a régulièrement accusé la société Centerra Gold de malhonnêteté dans la gestion de la mine. Cette dispute s’est aggravée vendredi avec l’adoption au Parlement d’une loi autorisant le gouvernement à prendre le contrôle des installations si besoin.

Akylbek Japarov, à la tête de la commission enquêtant sur la mine de Koumtor, a indiqué mercredi que Bichkek réclamait désormais 5,15 milliards à la société canadienne. Il s’agit de 3,6 milliards de dollars d’amende auxquels a déjà été condamnée une filiale locale de Centerra Gold pour avoir déversé des déchets miniers sur des glaciers, ainsi qu’environ 1,5 milliard de dollars d’irrégularités dans le versement de taxes.

M. Japarov a ajouté que Centerra Gold avait offert au Kirghizstan de régler leurs différends sous 45 jours ou de s’en remettre à l’arbitrage international, ce à quoi Bichkek « se prépare » désormais.

Vendredi, des représentants de la société canadienne avaient estimé que les accusations des autorités kirghizes étaient « entièrement sans fondement », critiquant également la loi adoptée au Parlement.

Le président kirghize, Sadyr Japarov, sans lien de parenté avec le chef de la commission d’enquête, a fait de la nationalisation de la mine de Koumtor l’un de ses chevaux de bataille lorsqu’il était encore dans l’opposition.

Il a organisé par le passé plusieurs rassemblements de protestation contre Centerra Gold, dont l’un d’entre eux, en 2013, avait vu la prise d’otage d’un gouverneur régional, ce qui a conduit M. Japarov en prison en 2017.

Libéré à la faveur d’une crise politique l’année dernière, Sadyr Japarov a été élu en octobre président de cette ex-république soviétique d’Asie centrale.