(Montréal) Après les autorités britanniques, c’est au tour du département américain de la Justice de s’intéresser à Bombardier dans le cadre d’une transaction entourant la vente d’appareils CRJ au transporteur Garuda Indonésie survenue il y a près d’une décennie.

Julien Arsenault La Presse Canadienne

L’avionneur québécois a révélé, jeudi, dans son rapport trimestriel, avoir reçu, en février dernier, une demande des autorités américaines « exigeant la transmission des documents et des renseignements » entourant cette affaire.

« Il n’y a pas [d’accusations] du tout contre Bombardier ou ses employés sur ces questions, a expliqué le président et chef de la direction de l’entreprise, Éric Martel, dans le cadre d’une conférence téléphonique avec les représentants des médias en marge de l’assemblée annuelle. Nous allons collaborer. À ce jour, nous n’avons rien trouvé de compromettant. »

Le constructeur de jets d’affaires n’a pas fourni plus de détails sur ce qui avait été demandé par les autorités américaines. L’entreprise n’a pas reçu d’autres requêtes depuis, a précisé un porte-parole, Mark Masluch.

En novembre dernier, le Serious Fraud Office (SFO), une agence gouvernementale britannique, avait annoncé l’ouverture d’une enquête sans expliquer pourquoi elle se penchait sur des gestes qui auraient été posés à l’extérieur de son territoire. Aucune allégation n’a été prouvée devant un tribunal.

L’ex-chef de la direction de Garuda, Emirsyah Satar, et un collaborateur ont été condamnés par un tribunal indonésien en mai 2020 pour corruption et blanchiment d’argent entourant l’achat d’avion auprès d’Airbus et de moteurs Rolls-Royce. L’ancien dirigeant du transporteur asiatique a écopé de huit années d’emprisonnement et d’une amende de 1,4 million US.

Garuda avait loué 18 CRJ 1000 à une société danoise, qui avait acheté les appareils à Bombardier à compter de 2012.

Toutefois, le transporteur aérien avait indiqué, en 2019, être à la recherche d’acquéreurs pour les CRJ 1000, après avoir conclu que les avions ne correspondaient pas à ses besoins dans le Sud-Est asiatique. Les appareils avaient été achetés pour déployer de nouvelles liaisons afin d’éviter la congestion à Jakarta.

« L’enquête du SFO ainsi que le processus interne de révision sont toujours en cours », a expliqué Bombardier dans son rapport trimestriel.

M. Martel a souligné qu’il s’agissait d’une transaction qui a été effectuée il y maintenant plusieurs années. Plusieurs changements sont survenus depuis au sein de la haute direction de la compagnie.

Néanmoins, Airbus et Rolls-Royce ont consenti à payer des amendes dans le cadre d’une entente avec les procureurs de plusieurs pays en lien avec des allégations de malversation qui remontent à environ 15 ans.

Bombardier a vendu son programme CRJ à Mitsubishi Heavy Industries pour environ 550 millions US, dans le cadre de son virage visant à se concentrer exclusivement sur les avions d’affaires.