Les enjeux de cybersécurité et de télétravail occuperont le devant de la scène pour longtemps et ne disparaîtront pas de sitôt, selon le président et associé directeur d’un des plus importants fonds de capitaux privés du Canada.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

« La cybersécurité et le télétravail vont devenir la norme », soutient Pascal Tremblay, président, chef de la direction et associé directeur de Novacap, leader québécois du capital-investissement privé, qui gère un actif de 8 milliards. Il a ses entrées partout et est en contact avec les entrepreneurs les plus dynamiques. Il prenait la parole à la tribune du Cercle canadien de Montréal, mercredi midi.

« La cybersécurité devient un enjeu exceptionnel présentement, a-t-il soutenu en réponse à une question posée par l’avocat Michel Boislard, associé chez Fasken. Quand on a sorti le communiqué du fonds TMT VI, on a passé des semaines avant à se préparer en cybersécurité. Le jour de l’annonce, on a subi des dizaines de milliers d’attaques sur les sites de Novacap. C’est la nouvelle norme. »

La conférence [de mercredi] va probablement générer un pic de quelques milliers d’attaques. [Quand on publie] un communiqué de presse, on devient une cible dans le web profond [dark web], et ce sont des dizaines de milliers d’attaques automatiques de toutes sortes.

Pascal Tremblay, président et chef de la direction de Novacap

La cybersécurité va jouer un rôle exceptionnel dans le quotidien des entreprises à l’avenir et celles-ci devront faire des investissements considérables à ce chapitre, croit-il.

TMT VI est le nom du fonds en technologie mis sur pied et géré par Novacap. En pleine pandémie, le fonds a récolté 2,4 milliards en provenance d’investisseurs mondiaux de qualité en moins de quatre mois. Pour donner une idée de l’exploit, le fonds précédent, TMT V, avait récolté 840 millions en 2017.

Pionnière de l’industrie de capital-risque au Québec, la société a été fondée il y a 40 ans avec un capital de seulement 8 millions.

Au chapitre du télétravail, M. Tremblay prévoit que les entreprises devront continuer d’offrir des solutions de travail à distance à leur main-d’œuvre incluant des technologies reposant sur l’infonuagique. L’environnement de travail flexible deviendra la nouvelle norme dans un monde postpandémique, selon lui.

Objectif : 10 milliards

Novacap a le vent dans les voiles et son président est gonflé à bloc. « Je prévois que l’actif sous gestion atteindra 10 milliards avant la fin de cette année », a-t-il annoncé.

« Nous offrons d’investir dans des entreprises du Québec performantes qui vont bâtir des entreprises de catégorie mondiale, a affirmé Pascal Tremblay au sujet de la mission de Novacap. C’est ça, notre produit. C’est facile à comprendre. Sur la scène mondiale, les investisseurs sont contents. »

Novacap en bref


- Fondée en 1981

- Appartient à 100 % à ses 18 associés

- Bureaux à Brossard, à Toronto et à New York

- Plus de 90 employés

- Participations dans plus de 100 entreprises au fil des ans (80 % au Québec)

- 3 fonds (industries, services financiers et technologies)

- Actif sous gestion de 8 milliards

- Entreprises en portefeuille : KDC, IPL, Stingray, Logibec, Nuvei, Bestar, Eddyfi et autres