Le spécialiste montréalais de la télémédecine Dialogue compte récolter une centaine de millions en inscrivant ses actions à la Bourse de Toronto ce printemps.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Les banquiers de Dialogue espèrent fixer le prix initial de l’action dans une fourchette de 9 $ à 12 $, selon la demande. Le nombre d’actions émises et le prix seront déterminés à la fin du mois et les transactions sur le titre devraient débuter dans la semaine du 29 mars sous le symbole boursier « CARE ».

Si l’intérêt des investisseurs est au rendez-vous, un bloc d’actions d’une valeur de 15 millions sera vendu par certains actionnaires actuels, dont les fondateurs, dans le cadre d’un placement secondaire.

Les fondateurs de Dialogue, Cherif Habib, 39 ans, Anna Chif, 32 ans, et Alexis Smirnov, 50 ans, souhaitent vendre respectivement 150 000, 125 000 et 100 000 actions. Cherif Habib est chef de la direction de Dialogue, Anna Chif est chef des produits, alors qu’Alexis Smirnov est chef de la technologie.

Le premier appel public à l’épargne de Dialogue est mené par la Financière Banque Nationale, RBC, Scotia Capitaux et Valeurs mobilières TD.

Dialogue entend utiliser l’argent récolté de l’inscription en Bourse pour notamment accroître sa gamme de produits offerts, soutenir l’augmentation du nombre de clients, et possiblement pour réaliser des acquisitions.

Fondée il y a cinq ans, les revenus totaux de Dialogue se sont élevés à 36 millions en 2020. La perte nette pour l’exercice a atteint 20 millions.

La Financière Sun Life, White Star Capital, la Caisse de dépôt et placement du Québec, Diagram, et Portag3 (Power Corporation, Banque Nationale, SSQ, Intact, etc.) sont tous d’importants actionnaires institutionnels de Dialogue.

Les principales lignes d’affaires de Dialogue sont la télémédecine, la santé mentale (programmes de gestion du stress, anxiété, troubles du sommeil, épuisement, deuil, troubles alimentaires, etc.) et les programmes d’aide aux employés.

La vision de Dialogue est de bâtir une plateforme de santé intégrée. Chérif Habib expliquait en octobre que les employeurs veulent avoir une seule plateforme et une seule relation d’affaires pour leur fournir des services. « Plus important encore, les employés et les patients veulent avoir leurs données à un seul endroit de façon à ce que tous les intervenants qu’ils consultent aient accès à la même histoire médicale », disait-il.

Chérif Habib précisait voir une « énorme » occasion de consolidation dans le marché.

L’acquisition l’automne dernier d’Optima Santé Globale, spécialisée dans les programmes d’aide aux employés, était la troisième et la plus importante de la jeune histoire de Dialogue.

Dialogue compte plusieurs centaines de clients de différentes tailles, comme Lightspeed, Stingray, Industrielle Alliance, WSP et la Banque Nationale.

Les employeurs peuvent offrir l’accès à la télémédecine à leurs employés et leurs familles par le biais de régimes d’avantages sociaux. La plateforme de Dialogue permet de mettre en lien patients et médecins.

À la fin de 2019, Dialogue prévoyait encore cinq à sept ans avant que la télémédecine ne devienne courante. Le développement de la télémédecine s’est accéléré de façon inattendue lorsque la pandémie a frappé le Canada en mars dernier.

Le système de santé traditionnel étant devenu moins accessible, la perception et l’adoption des soins virtuels et de la télémédecine par le public ont changé.

Les services de Dialogue étaient disponibles auprès de quelque 300 000 Canadiens à la fin 2019. Aujourd’hui, Dialogue a multiplié son réseau par dix, et sa plateforme offre des services de soins virtuels à des millions de Canadiens.