(New York) ExxonMobil est passé dans le rouge au premier trimestre, enregistrant une perte nette de 610 millions de dollars, en raison d’une lourde charge de 2,9 milliards de dollars liée à des dépréciations d’actifs du fait de la chute des cours du pétrole.

Agence France-Presse

« Les prix du brut ont diminué de façon significative lors du trimestre (dernier), conséquence d’une combinaison sans précédent de la surabondance » de pétrole et « de l’impact de la COVID-19 sur la demande mondiale », a expliqué vendredi le géant pétrolier texan.

Le groupe avait dégagé un bénéfice net de 2,35 milliards de dollars au premier trimestre 2019.

ExxonMobil a confirmé la réduction de 30 %, soit 10 milliards de dollars en moins, de son budget dédié aux investissements, notamment à l’exploration de gisements d’hydrocarbures et au forage de puits pétroliers, en réponse à la chute des prix de l’or noir et à une baisse de la demande de brut pour cause de pandémie de coronavirus.

La major ne prévoit plus que 23 milliards de dollars d’investissements cette année, contre une prévision de 33 milliards début mars, avait-il annoncé en avril.

Cette décision affecte la région du bassin permien (Texas) qui abrite les principales réserves américaines dans le sud des États-Unis.

Le géant pétrolier n’a en revanche pas touché à son dividende, poursuivant sa politique de toujours choyer ses actionnaires coûte que coûte.

Après 0,87 dollar par action pour les trois premiers mois de l’année, il va leur distribuer un montant équivalent au compte du deuxième trimestre. Il est à noter qu’ExxonMobil n’a pas augmenté ce dividende un trimestre sur l’autre, ce qui met fin à 13 ans successifs de hausse du dividende un trimestre sur l’autre.

« La COVID-19 a franchement affecté de façon significative la demande (de brut) à court terme, ce qui s’est traduit par des marchés surapprovisionnés et mis une pression sans précédent sur les cours des matières premières et les marges », fait valoir le PDG Darren Woods.

Le premier trimestre était quasiment achevé quand la guerre des prix du pétrole a démarré entre l’Arabie saoudite et la Russie.

Il était à 85 % bouclé lorsque les premières mesures de confinement et de distanciation sociale ont été annoncées aux États-Unis, notamment par la Californie le 19 mars, pour endiguer la propagation de la COVID-19.

Les conséquences de ces évènements inattendus vont en revanche se ressentir pleinement à partir du deuxième trimestre en cours, le mois d’avril ayant vu le cours du baril américain passer à un moment en négatif.

Le marché pétrolier fait face à une demande à l’arrêt compte tenu de la paralysie de nombreuses économies, tandis que les capacités de stockage atteignent leur limite.

Le chiffre d’affaires trimestriel a diminué de 11,7 % à 56,1 milliards de dollars.