Les trois grandes chaînes d’alimentation présentes au Québec se préparent à installer des panneaux de plexiglas près des caisses pour protéger leurs employés et leurs clients du coronavirus.

Marie-Ève Fournier Marie-Ève Fournier
La Presse

Mais déjà quelques propriétaires de supermarchés ont pris l’initiative de se doter de tels écrans transparents. C’est le cas dans succursales L’Intermarché : l’une à Les Escoumins, sur la Côte-Nord, et l’autre sur l’avenue Mont-Royal, à Montréal.

Pour le moment, parmi les centaines de commerces du groupe Loblaw au Québec – qui regroupe aussi les enseignes Provigo, Maxi et Pharmaprix –, il s’agit de deux cas d’exception, note le géant ontarien.

La porte-parole Johanne Héroux annonce toutefois que la direction « souhaite que tous les magasins au Canada soient équipés [d’une barrière en plexiglass] », le plus rapidement possible. Ce qui inclut les supermarchés et les pharmacies.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Selon le président de Sobeys, Michael Medline, les écrans de plexigas « s’avèrent être une forte mesure de sécurité » d’après ce qui a pu être constaté à travers le monde.

Sobeys, qui exploite l’enseigne IGA au Québec, a testé un système similaire à Montréal-Nord. Le propriétaire du IGA Famille Barcelo, rue Saint-Zotique à Montréal, en a aussi fait l’installation dans son commerce, de sa propre initiative.

L’épicier s’apprête maintenant à étendre l’idée dans tout le pays. Bien malin celui qui pourrait prédire le temps qu’il faudra pour procéder aux installations. « Ça peut prendre quelques semaines », avance la porte-parole Anne-Hélène Lavoie.

Meilleures pratiques dans le monde

Dans une lettre publiée sur Twitter, le président de Sobeys, Michael Medline, a précisé que l’entreprise avait « regardé quelles étaient les meilleures pratiques à travers le monde et que ces écrans s’avèrent être une forte mesure de sécurité ».

IGA collera par ailleurs, sur le sol de ses magasins, des dessins de pas à certains endroits stratégiques « pour suggérer un espacement aux clients en fille d’attente ». Le système a été testé et « c’est respecté », soutient Mme Lavoie.

Metro n’est pas en reste. « Nous avons entrepris les démarches pour nous procurer les écrans et souhaitons les déployer le plus vite possible », nous a-t-on écrit en faisant référence aux supermarchés Metro, Super C et Adonis.

En ce qui concerne les pharmacies Jean Coutu et Brunet, certains propriétaires ont déjà procédé ces derniers jours à l’installation de panneaux de plexiglass aux caisses, précise la porte-parole Marie-Claude Bacon.

Les pénuries se résorbent

Les supermarchés travaillent par ailleurs d’arrache-pied pour s’ajuster à la croissance exponentielle de la demande pour les commandes en ligne. Chez Metro et Loblaw, le bond est d’environ 100 %.

En conséquence, les délais de livraison s’allongent et peuvent atteindre sept jours. Mais le système s’ajuste afin que des plages horaires puissent être ajoutées, notamment en plein jour, maintenant que les consommateurs sont présents à la maison.

En ce qui concerne les pénuries, ça se résorbe, nous affirme-t-on. Il y a du papier de toilette dans les Maxi et les Provigo et « il n’y a pas de pénurie dans nos entrepôts », assure Johanne Héroux. Mais « les tablettes se vident à une vitesse incroyable ». Par contre, bonne chance pour trouver du désinfectant de type Purell, car les usines ne réussissent pas à répondre à la demande.

Du côté de Walmart, on jure qu’il « y a amplement de nourriture et de fournitures » et que les employés font de leur mieux pour remplir les tablettes des produits les plus recherchés : désinfectants à mains, produits de papier, produits nettoyants et denrées non périssables.

« À cause d’une demande élevée de produits, les succursales ont la liberté de décider d’imposer des limites d’achat de marchandise », indique le porte-parole Steeve Azoulay.