La filiale cambodgienne de la Banque Nationale n’a pas encore souffert de la propagation du nouveau coronavirus en Asie, ce qui n’empêche toutefois pas l’institution financière québécoise de suivre la situation de près.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

ABA Bank, entièrement contrôlée par la Nationale depuis l’automne, a contribué à hauteur d’environ 7 % aux profits nets de 610 millions générés par la banque établie à Montréal au cours du premier trimestre terminé le 31 janvier.

En conférence téléphonique, jeudi, le président et chef de la direction de la sixième banque en importance au pays, Louis Vachon, n’a pas caché que le virus maintenant connu sous le nom de COVID-19 a été une « surprise ».

« En janvier et en février, nous n’avons pas observé d’impact négatif, a-t-il expliqué. Mais je crois qu’il est encore trop tôt pour juger quel serait l’impact. »

M. Vachon a souligné que l’agence de notation Moody’s avait abaissé d’un point de pourcentage, à 5,5 %, sa prévision de croissance du produit intérieur brut du Cambodge étant donné que le COVID-19 devrait donner des maux de tête à l’industrie touristique de ce pays du Sud-Est asiatique.

Pour le moment, la Nationale ne semble pas avoir l’intention d’apporter des changements significatifs chez ABA Bank en matière de gestion des risques.

« L’élan (de cette banque) et le fait que nous ayons été conservateurs en matière de prêts, je crois, devraient nous permettre de générer une croissance des bénéfices largement supérieure à 10 % », a dit M. Vachon.

Avec un réseau de 75 succursales, ABA Bank a généré un bénéfice de 41 millions au premier trimestre, en hausse de 71 % sur un an. La taille de son portefeuille de prêts était de 1,8 milliard à la fin de 2018, où l’institution financière comptait 426 000 déposants.

Le COVID-19 a fait son apparition dans la ville chinoise de Wuhan. Depuis, le virus s’est propagé dans plus de 40 pays. Plus de 82 000 cas ont été rapportés dans le monde et plus de 2800 personnes ont perdu la vie après avoir été infectées.

En dévoilant leurs résultats trimestriels, la Banque de Montréal, la Banque Scotia ainsi que la Banque Royale ont également indiqué garder un œil sur la propagation du COVID-19, sans toutefois signaler que le virus avait pesé sur leurs activités respectives.

Au premier trimestre, le bénéfice net trimestriel de la Nationale, qui a été de 1,67 $ par action, a grimpé de 11 % par rapport à celui de 552 millions, ou 1,50 $ par action, de la période correspondante un an plus tôt.

Ce résultat tient compte d’une charge de 10 millions, ou trois cents par action, en lien avec Maple Financial Group, une entreprise de services financiers dans laquelle la Nationale détient une participation de 24,9 %.

Depuis septembre 2015, les procureurs allemands se penchent sur les activités et les employés d’une filiale de Maple. Ils allèguent que la société aurait enfreint les lois fiscales entre les exercices 2006 et 2010. La Nationale a décidé d’inscrire une charge « même s’il n’y a pas encore eu de détermination quant à une potentielle fraude fiscale ».

En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice par action ajusté de l’institution a été de 1,70 $, par rapport à 1,50 $ au premier trimestre de l’exercice précédent et quatre cents de plus que la prévision des analystes sondés par la firme Refinitiv.

Tous les secteurs d’activité de la Nationale — particuliers et entreprises, gestion de patrimoine, marchés financiers ainsi que financement spécialisé aux États-Unis et à l’international — ont affiché des résultats en hausse.

« La qualité de notre portefeuille de prêts demeure excellente, ce qui reflète notre approche prudente en matière de prêts », a souligné M. Vachon.

Celui-ci a ajouté que l’économie du Québec, le principal marché de la Nationale, continuait de bien performer, notamment grâce à « une immigration nette à des niveaux records » ainsi qu’un taux de chômage qui demeure à un creux historique.

En après-midi, à la Bourse de Toronto, l’action de la banque reculait d’environ 3 %, ou 2,16 $, pour se négocier à 70,93 $.