Si le constructeur d’autobus et de camions électriques Lion trouve auprès de Québec et Ottawa l’argent dont il a besoin, c’est dans son fief de Saint-Jérôme qu’il installera sa nouvelle usine de batteries, pour un coût d’environ 180 millions.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Le conseil municipal de la municipalité des Laurentides a annoncé lundi avoir donné son accord à une entente de principe selon laquelle on céderait à l’entreprise une emphytéose de 25 ans sur un terrain de plus de 450 000 pieds carrés appartenant à la Ville.

En échange du droit de jouir gratuitement de ce terrain pendant 25 ans, et d’un congé de taxes foncières de cinq ans, Lion s’engage à y construire une usine d’au moins 150 000 pieds carrés, dotée de plafonds de 35 pieds et de stationnements. Elle disposera d’une option d’achat du terrain à compter de la dixième année.

« Il s’agit d’un dossier majeur puisqu’on parle ici de plus de 180 millions en investissements pour le bâtiment, les équipements et le terrain, a expliqué dans un communiqué le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher. Nous tenions donc à nous positionner dès maintenant pour que Lion, qui a déjà son siège social à Saint-Jérôme, poursuive son développement chez nous. »

Le terrain est situé rue de Martigny Ouest, non loin de l’intersection avec l’autoroute des Laurentides (A15), dans une zone industrielle. Il s’agit présentement d’une pinède.

« Nous avons en main un rapport qui nous dit qu’il est temps d’exploiter ces pins, qu’ils sont en fin de vie », a indiqué une porte-parole de la Ville de Saint-Jérôme, Valérie Sauvé.

« On travaille très fort pour créer chez nous une zone d’innovation en transport intelligent », poursuit-elle.

La Ville souhaiterait notamment profiter de l’installation de l’usine pour établir un quartier résidentiel non loin, d’où l’usine serait accessible à pied ou à vélo, par des chemins consacrés.

Tout dépend du financement

Le président et chef de la direction de Lion, Marc Bédard, a dévoilé au début du mois le projet de son entreprise de lancer dès 2021 la construction d’une nouvelle usine pour alimenter ses véhicules en batteries.

Il n’excluait toutefois pas de devoir le faire aux États-Unis.

« Il y a des gens qui sont prêts à investir beaucoup d’argent dans ce type de projets et ça vient avec un emplacement géographique, avait-il alors expliqué. Il y a beaucoup de monde qui aimerait ça nous voir aux États-Unis. »

L’entente avec la Ville de Saint-Jérôme est conditionnelle à l’obtention du financement nécessaire par l’entreprise. On pointe principalement vers les gouvernements fédéral et provincial. Si ce financement devait être obtenu, c’est à Saint-Jérôme que l’usine sera bâtie, assure-t-on à la municipalité.

Il a été impossible lundi de joindre les dirigeants de Lion pour obtenir davantage de précisions.

Lion, qui s’est d’abord fait connaître avec ses autobus scolaires électriques, a amorcé à la fin de l’été la commercialisation de camions électriques en décrochant des commandes chez deux très importants clients, le CN et Amazon. L’agence Bloomberg a aussi écrit au début du mois qu’elle était en discussions en vue d’une entrée possible à la Bourse, aux États-Unis.

L’entreprise est actuellement détenue à 44 % par Énergie Power Corporation, à 22 % par les fondateurs Marc Bédard et Camile Chartrand et à 14 % par le fonds d’investissement XPNDCroissance.