Dialogue, une entreprise de Montréal spécialisée en soins virtuels et qui a songé à faire le saut en Bourse cet automne, réalise la plus importante transaction de sa jeune histoire.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

La direction doit annoncer mercredi l’acquisition de la montréalaise Optima Santé Globale, considérée comme un leader au pays dans les programmes d’aide aux employés (PAE).

La valeur de la transaction demeure confidentielle. Toutefois, Optima est la troisième entreprise en importance dans son créneau au pays en matière de revenus, derrière Morneau Shepell et Homewood, selon le grand patron de Dialogue.

« C’est très intéressant », commente Chérif Habib, qui s’attend à voir Dialogue faire un grand bond en avant par cette transaction.

Dialogue, qui gère actuellement une plateforme mettant en lien patients et médecins, avait fait connaître publiquement il y a quelques semaines son intention de se lancer dans les PAE et d’utiliser sa technologie pour accroître l’offre dans ce secteur.

Optima a un effectif de 80 employés et compte plus de 2 millions d’employés-clients et près de 3000 professionnels de la santé sur sa plateforme.

Cette acquisition porte le nombre d’employés à temps plein chez Dialogue à environ 380. Mais c’est du côté du nombre de praticiens que la donne change davantage. Dialogue a des ententes avec 600 professionnels de la santé. En achetant Optima, ce nombre passe à près de 4000.

Acquisition d’expertise

Les programmes d’aide aux employés ne seront pas la plus grande source de revenus chez Dialogue, mais deviendront un important vecteur de croissance. « Acquérir Optima est une façon de bénéficier de leurs 27 ans d’expérience sur le marché. Leur expérience et notre savoir-faire technologique forment une très belle combinaison », dit Chérif Habib.

Le PDG rappelle que Dialogue est une entreprise de santé, mais aussi de technologies. Les principales lignes d’affaires de Dialogue sont la télémédecine, la santé mentale (programmes de gestion du stress, anxiété, troubles du sommeil, épuisement, deuil, troubles alimentaires, etc.) et maintenant les programmes d’aide aux employés.

La vision de Dialogue est de bâtir une plateforme de santé intégrée. Chérif Habib est d’avis que les employeurs veulent avoir une seule plateforme et une seule relation d’affaires pour leur fournir des services. « Mais plus important encore, les employés et les patients veulent avoir leurs données à un seul endroit de façon à ce que tous les intervenants qu’ils consultent aient accès à la même histoire médicale. »

Chérif Habib voit une « énorme » occasion de consolidation dans le marché et a l’intention de réaliser d’autres acquisitions. « En télémédecine, mais aussi en services connexes comme les programmes d’aide aux employés. »

Optima est la plus grosse transaction de Dialogue depuis sa fondation il y a quatre ans. Il s’agit de sa troisième depuis l’acquisition de l’entreprise allemande Argumed, plus tôt cette année, et l’achat il y a deux ans de la montréalaise DXA, une plateforme de triage basée sur l’intelligence artificielle permettant de diriger le patient vers la bonne ressource médicale.

Chérif Habib dit être en négociations avec d’autres parties présentement et pense pouvoir annoncer une autre transaction avant la fin de l’année dans un nouveau segment de marché.

Il indique par ailleurs que des banquiers l’ont encouragé à inscrire Dialogue en Bourse cet automne. « Nous avons toutefois décidé de nous concentrer sur l’acquisition d’Optima et de bien l’intégrer », dit-il.

La question d’un éventuel saut en Bourse sera revue en 2021.

Les plus importants actionnaires de Dialogue sont la Financière Sun Life, White Star Capital, la Caisse de dépôt et placement du Québec et Portag3 (Power Corporation, Banque Nationale, SSQ, Intact, etc.).

Dialogue compte des centaines de clients de différentes tailles, comme Lightspeed, Stingray, Industrielle Alliance, Hopper, WSP et la Banque Nationale.

Dialogue évalue le marché de la télémédecine à 2 milliards de dollars au Canada.