(Montréal) Le conglomérat de télécommunications Québecor a surpassé les attentes des analystes au deuxième trimestre, tout en affichant un déclin de ses revenus d’environ 5 %.

Jean Philippe Angers
La Presse canadienne

L’entreprise a fait état jeudi d’une hausse de son bénéfice net attribuable aux actionnaires, qui est passé de 140,2 millions, ou 55 cents par action, l’an dernier, à 174,9 millions, ou 69 cents par action, pour le trimestre clos le 30 juin 2020.

Les revenus trimestriels de Québecor ont glissé de 53,1 millions à 1 milliard, surpassant les attentes des analystes, qui projetaient des recettes de 989 millions.

En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice ajusté s’est chiffré à 57 cents par action, en hausse par rapport à 53 cents par action un an plus tôt.

Les analystes s’attendaient à un bénéfice ajusté de 46 cents.

Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction, a dit croire que Québecor maintient une solidité financière avec des liquidités disponibles qui totalisaient 1,8 milliard à la fin du trimestre.

« Québecor a continué de générer une croissance de sa clientèle et une hausse de sa rentabilité », a fait valoir M. Péladeau dans une conférence téléphonique avec des analystes.

Québecor a affiché une augmentation nette de 16 700 clients — ou « unités génératrices de revenus » —, une légère progression de 0,3 %.

Maher Yaghi, analyste chez Desjardins, estime que Québecor reste « bien positionnée » pour faire face à la pandémie, tout en prévoyant que les résultats des médias pourraient faire face à une pression continue dans les mois à venir.

Le dossier de l’intérêt pour un achat du Cirque du Soleil étant maintenant chose du passé, M. Péladeau a affirmé que Québecor n’avait pas d’autres plans pour de nouvelles acquisitions.

Il a fait valoir que Québecor continuerait d’être « réaliste et disciplinée » dans l’évaluation de ses options.

Jean-François Pruneau, président et chef de la direction de Vidéotron, a souligné une progression importante des revenus de Vidéotron au deuxième trimestre en équipements vendus aux clients, (22,5 millions ou 43,8 %) et en téléphonie mobile (13,3 millions ou 9,1 %).

M. Pruneau a parlé d’un marché encore « très agressif ».

Le secteur des télécommunications, qui regroupe Vidéotron, a généré une croissance de 14,7 millions, ou 1,7 %, de ses revenus et de 13,6 millions, ou 3,0 %, de son BAIIA ajusté.

Les recettes de la téléphonie mobile ont augmenté de façon importante, tandis que celles de l’internet ont perdu un peu de terrain.

La facturation moyenne par unité totale de Vidéotron a été de 49,57 $ au deuxième trimestre, comparativement à 50,20 $ lors de la même période de 2019.

Dans le cadre de mesures temporaires liées à la COVID-19, l’entreprise a retiré les limites de consommation de données sur tous les forfaits internet et a donné accès sans frais à la chaîne d’information en continu LCN.

De nouvelles infrastructures ont été construites, notamment dans les régions de Charlevoix, du Bas-Saint-Laurent, de Memphrémagog et de la Montérégie, en vue d’offrir aux résidants des services internet haute vitesse dans le cadre du programme « Québec haut débit – volet Régions branchées ».

Le secteur des sports et du divertissement a affiché une baisse de revenus de 37 %, ou de 15,4 millions, dans un contexte de suspensions à grande échelle d’évènements sportifs et culturels en raison de la propagation de la COVID-19.

Le secteur des médias a enregistré un déclin de revenus de 30 %, ou 57,4 millions, avec un recul de 38,5 millions des revenus publicitaires par rapport au deuxième trimestre de 2019.

Ces deux secteurs ont tout de même connu des hausses respectives de 4,3 millions et de 1,9 million de leur BAIIA ajusté.

À la Bourse de Toronto, l’action de Québecor gagnait jeudi après-midi 79 cents, ou environ 2,5 %, à 31,62 $.

Entreprise dans cette dépêche : (TSX : QBR. B)