La fin de l’exercice financier pouvait difficilement arriver à un pire moment que le 31 mars cette année chez PSP, un des plus grands gestionnaires de caisses de retraite au pays.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

La chute des marchés dans la foulée de la pandémie au début du printemps a non seulement effacé de beaux gains, mais elle a aussi fait plonger en territoire négatif le rendement de l’Office d’investissement des régimes de pensions du secteur public (Investissements PSP), établi à Montréal.

Investissements PSP a généré un rendement de - 0,6 % pour son exercice 2020. Les placements dans des actions d’entreprises cotées en Bourse ont affiché des gains au cours des trois premiers trimestres de l’exercice, mais PSP soutient que ces gains ont été annulés en mars, les marchés ayant subi de lourdes pertes lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé.

« Notre rendement sur un an de - 0,6 % reflète le grave recul sur les marchés boursiers au cours des semaines qui ont précédé la fin de l’exercice », précise le PDG, Neil Cunningham, dans le rapport annuel 2020 publié jeudi par PSP.

Sur une base relative, ce rendement sur un an est néanmoins supérieur à celui de - 2,2 % de notre portefeuille de référence, ajoute-t-il.

Le portefeuille d’actions sur les marchés publics a dégagé un rendement négatif de 11,2 % pour l’ensemble de l’exercice.

En revanche, le portefeuille de titres à revenu fixe a généré un rendement positif de 10 %, étant donné que la diminution des rendements et l’augmentation de la demande de titres à revenu fixe ont entraîné les cours à la hausse, explique la direction.

Détérioration « abrupte »

La détérioration « abrupte » du marché dans la dernière ligne droite de l’exercice met en évidence le besoin de ne pas accorder une trop grande importance aux résultats à court terme, selon les dirigeants.

Si notre exercice financier s’était clos le 31 décembre, nous aurions enregistré un rendement annuel à chiffre unique élevé.

Neil Cunningham, PDG d’Investissements PSP, dans le rapport annuel

Sur 10 ans, PSP souligne que son rendement calculé de 8,5 % est supérieur à celui de son portefeuille de référence, qui s’élève à 7,2 %, et surpasse aussi son objectif de rendement à long terme, établi à 5,7 %.

Au cours des cinq derniers exercices, PSP explique que son rendement annualisé de 5,8 % est essentiellement attribuable au rendement des classes d’actifs privés, notamment les placements en infrastructures (12,1 %) et dans des titres de créance (11,8 %).

PSP a décliné la demande d’entrevue de La Presse.

Prochain plan

Au début du mois d’avril, l’actif sous gestion chez PSP s’élevait à 169,8 milliards de dollars, en hausse de 1 % par rapport à la même date l’an passé.

L’exercice financier qui débute marque par ailleurs la dernière année du plan stratégique actuel de l’organisation. Dans son rapport annuel, la direction soutient avoir commencé à travailler sur son prochain plan dans un contexte « d’incertitude et un environnement de faibles rendements ».

« Nous voulons mettre nos avantages à profit, développer les capacités nécessaires pour nous réorienter et nous adapter à un environnement changeant », est-il notamment indiqué.

Créée en 1999, Investissements PSP gère notamment des actifs pour les employés de la fonction publique ainsi que les membres de la Gendarmerie royale du Canada et des Forces canadiennes. Son siège social est à Ottawa, mais son bureau principal d’affaires est à Montréal. Cette organisation de près de 900 employés compte aussi des bureaux à New York, à Londres et à Hong Kong.