Les skieurs de la Station Mont-Tremblant n’ont pas digéré la fin de saison abrupte. Lundi, une demande d’action collective a été déposée contre la station de ski des Laurentides qui refuse d’offrir un remboursement aux détenteurs de la « passe Tonik ».

Stéphanie Grammond Stéphanie Grammond
La Presse

Ce laissez-passer donne accès à 119 jours de glisse répartis entre le 22 novembre et le 19 avril. Mais à cause de la COVID-19, la montagne a fermé le 15 mars cette année, ce qui a privé les détenteurs de presque le quart des journées pour lesquelles ils avaient payé.

« Mathématiquement, j’ai perdu 23 % des journées. Mais 80 % du plaisir était à venir », se désole Barry Nashen qui préfère dévaler les pentes lors des belles journées printanières plutôt que durant les grands froids de janvier.

Lui qui utilise son laissez-passer Tonik une vingtaine de fois par année, en temps normal, n’a fait qu’une dizaine de journées de ski cette année, à cause de la fermeture hâtive.

« J’ai écrit au service à la clientèle, au début d’avril, pour demander un remboursement. On n’a jamais répondu à mon courriel. C’est irrespectueux », estime M. Nashen qui a décidé de lancer l’action collective.

Comme son abonnement lui avait coûté 567 $ (taxes incluses), il réclame un remboursement de 129 $, ce qui correspond à 23 % des journées perdues (27 jours sur 119). Il demande aussi un remboursement de 21 $ pour la portion inutilisée du forfait de privilèges Tonik qui donne notamment droit à 20 chocolats chauds, alors qu’il n’en a utilisé que 7.

Au total, M. Nashen réclame donc 150 $ pour lui-même et pour tous les détenteurs d’une « passe Tonik » (adultes, enfants, étudiants, etc.).

La Station Mont-Tremblant n’a pas voulu commenter le dossier puisqu’il se retrouve devant la Cour supérieure du Québec.

La station a déjà offert « un rabais de 50 $ applicable à l’achat d’une passe Tonik pour 2020-2021, ce qui est tout à fait insuffisant et ne correspond pas à ce que la loi requiert en cas de force majeure », indique Joey Zukran du cabinet LPC avocats qui pilote le dossier.

Autre action aux États-Unis

En avril, une autre demande d’action collective a été déposée aux États-Unis par les détenteurs de la Ikon Pass qui sert d’abonnement de saison à la Station Mont-Tremblant tout en donnant accès aux autres stations d’Alterra, la société américaine qui a acheté Tremblant en 2017.

Au Mont-Tremblant, la saison qui compte normalement 150 journées a été écourtée de 37 jours, sans que les détenteurs de la Ikon Pass soient remboursés pour cette réduction de 23 %.

Les avocats américains considèrent qu’il s’agit d’une rupture de contrat, de publicité trompeuse et d’enrichissement sans cause.

Au début de juin, Alterra a doublé le rabais applicable au renouvellement des abonnements, ce qui permet maintenant aux abonnés de la dernière saison d’économiser 100 $ US sur leur billet de l’an prochain. Sauf que le tarif de base de la Ikon Pass a grimpé de 51 $ US par rapport à l’an dernier (648 $ US contre 699 $ US pour la période d’achat hâtif) et le produit comporte maintenant plusieurs journées d’exclusion, contrairement à la saison passée.

Vail Resorts, le concurrent d’Alterra, a aussi fait l’objet d’une demande d’action collective aux États-Unis. Mais la poursuite a été abandonnée, car l’entreprise a décidé d’offrir des crédits allant de 20 à 80 % aux détenteurs de ses différents billets et abonnements, ce qui touche notamment Whistler Blackcomb dans l’Ouest canadien.

Au Canada, la COVID-19 a provoqué des annulations dans une foule d’autres domaines, sans que les consommateurs parviennent à se faire rembourser.

Trois actions collectives ont été lancées contre les transporteurs aériens. Une autre vise une dizaine d’entreprises de revente de billets de spectacles qui refusent de rembourser les billets pour des évènements qui ont été reportés en raison de la pandémie, contrairement à ce que prévoit la Loi sur la protection du consommateur.