(Québec) Le gouvernement du Québec se dit encore ouvert à injecter des fonds publics dans Bombardier, qui a annoncé vendredi la suppression de 2500 emplois. Les élus de l’opposition exigent avant tout que les patrons de l’avionneur viennent rendre des comptes à l’Assemblée nationale.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« Si Bombardier a besoin d’aide supplémentaire, ce sera au ministre de l’Économie de regarder ça, moi je suis ouvert à ça », a réagi vendredi matin le ministre des Finances, Eric Girard. « C’est une bonne compagnie, ou veut les aider. »

Selon M. Girard, Bombardier pourrait recevoir une aide de l’État associée à des conditions strictes, comme dans le cas récent du Cirque du Soleil. « S’il y a une aide faite à Bombardier il y aura des conditions au bénéfice de tous les Québécois », assure-t-il.

Mais les partis d’opposition ne l’entendent pas de la même façon. Le Parti libéral, Québec solidaire et le Parti québécois demandent que les patrons de Bombardier rendent des comptes au Québécois. Ceux-ci doivent se présenter à l’Assemblée nationale pour expliquer ce qu’ils ont fait des nombreuses aides financières de l’État québécois, estiment les élus.

« À la quantité d’argent public qu’on a mis là-dedans, sous prétexte qu’on allait conserver les emplois, c’est un scandale de plus qu’on apprend aujourd’hui », a tonné Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire.

« Je pense qu’on ne peut plus mettre d’argent public dans Bombardier sans reddition de comptes puis sans présence des boss de Bombardier ici, à l’Assemblée nationale, pour expliquer ce qu’ils font avec l’argent, quand on leur en donne », ajoute M. Nadeau-Dubois.

Le député libéral André Fortin estime que Bombardier doit aux Québécois « au minimum une explication sur ce qui se passe à l’intérieur de l’entreprise et les raisons pour lesquelles ils prennent cette décision-là aujourd’hui ».

Mais est-ce que les patrons de l’entreprise seraient prêts à se présenter à l’Assemblée nationale ? Le Parti québécois émet des doutes.

« Ce serait une bonne chose de les entendre, mais permettez-moi de douter de leur bonne volonté d’être ici et d’en discuter », lance Martin Ouellet, leader parlementaire du Parti québécois.

« Je pense que les Québécois seraient d’accord d’entendre les gens de Bombardier, on a mis 1,3 milliard dans cette aventure-là, si on peut qualifier ça d’aventure », ajoute-t-il.

Bombardier éliminera 2500 emplois d’ici la fin de l’année, dont 1500 au Québec, alors que le secteur des jets d’affaires, vers lequel l’entreprise effectue son recentrage, n’échappe pas aux turbulences provoquées par la pandémie de COVID-19.

Bombardier Aviation prévoit une baisse des livraisons d’avions d’affaires dans l’ensemble de l’industrie d’environ 30 % sur 12 mois en raison de la pandémie. Les réductions d’effectifs permettront à la compagnie d’émerger de la crise sur de solides bases, croit-elle.