Évoquant le besoin d’une « marge de manœuvre financière pour traverser la crise » provoquée par la pandémie de COVID-19, la Société en commandite Airbus Canada (SCAC) souhaite obtenir des « accommodements d’urgence » de la part de la Ville de Mirabel, dans les Laurentides, où s’effectue l’assemblage de l’A220.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Parmi les mesures évoquées figure un report possible du paiement de taxes foncières à venir, fait-elle valoir dans son inscription au Registre des lobbyistes du Québec qui a été récemment modifiée, mais dans laquelle aucune somme n’est évoquée.

Afin de justifier ses demandes, Airbus, qui pourra réclamer la subvention salariale d’urgence proposée par le gouvernement Trudeau, souligne que la reprise de ses activités à Mirabel se fera de manière « très graduelle » au cours des prochains mois.

« La demande de report de taxes qui a été déposée auprès de la Ville de Mirabel est simplement une mesure entamée afin de réduire les dépenses d’Airbus Canada afin de protéger ses liquidités pour l’année », a souligné une porte-parole, Annabelle Duchesne, vendredi, dans un courriel.

De son côté, la Ville de Mirabel n’avait pas fourni, vendredi après-midi, de détails concernant la demande d’Airbus. Sur son site web, la municipalité avait annoncé, le 30 avril dernier, une série de mesures afin de donner un « certain répit aux contribuables, que ce soit pour une résidence, un commerce ou une industrie ».

Cela comprenait notamment une suspension, jusqu’au 1er juillet, des intérêts sur les versements de comptes de taxes et de droit de mutation ainsi qu’un report des échéances pour le paiement des « comptes de taxes ».

Au début du mois de mai, l’avionneur avait annoncé 350 mises à pied temporaires sans toutefois indiquer quand ces employés représentés par l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA) pourraient revenir au travail.

Airbus a dû temporairement suspendre la production de l’A220 à Mirabel lorsque le gouvernement Legault a mis l’économie sur pause dans le but de limiter la propagation du nouveau coronavirus. Le redémarrage s’effectue progressivement depuis le 11 mai. Sur les quelque 2800 travailleurs du site, environ 1000 syndiqués étaient affectés à la production.

L’entreprise avait décidé de repousser à l’an prochain l’augmentation de cadence, ce qui signifie que le rythme de production demeurera à quatre appareils par mois.

Depuis le mois de février, la SCAC est détenue à hauteur de 75 % par Airbus et 25 % par l’État québécois à la suite de la décision de Bombardier de se retirer du programme.