(San Francisco) Gestion de la crise du coronavirus, impact sur l’environnement, égalité des chances… Amazon a fait face à des critiques de plus en plus difficiles à étouffer lors de son assemblée générale qui s’est tenue en ligne mercredi.

Agence France-Presse

Pas moins de 11 propositions ont été présentées par des actionnaires pour réformer les politiques du géant du commerce en ligne sur des sujets concernant la pollution, la discrimination au travail, la gouvernance ou encore les technologies conçues par Amazon et pouvant être utilisées à des fins de surveillance de la population.

Parmi les actionnaires à l’origine de ces propositions, se trouvent le groupe Amazon Employees for Climate Justice (AECJ) ainsi que des fonds de pension basés à New York, en Californie et dans l’Illinois, d’après la chaîne américaine CNBC.

Sans surprise, et suivant les recommandations du conseil d’administration, elles ont toutes été rejetées.

« Dans de nombreux cas, nous soutenons déjà des initiatives ou nous partageons les inquiétudes exposées dans certaines propositions, et nous avons souvent déjà pris des mesures pour y répondre », indique le groupe dans les documents préparatoires à l’Assemblée générale.

« Mais il se peut que nous ne soyons pas d’accord avec la façon dont telle ou telle proposition nous suggère de gérer le problème ».

L’assemblée générale a néanmoins été l’occasion pour des groupes et actionnaires d’exprimer leur colère.

Maren Costa, ex-employée de l’entreprise et une des leaders de l’AECJ, a ainsi parlé de la « toxicité » au sein de l’entreprise, concernant aussi bien les conditions de travail que les conditions de vie pour les communautés aux abords des sites d’Amazon.

« Jeff, j’ai travaillé pour vous pendant 15 ans, mais j’ai récemment été virée, avec 8 autres personnes, et le vice-président Tim Bray a démissionné en évoquant la toxicité qui est répandue dans l’entreprise », a-t-elle déclarée en s’adressant directement au patron Jeff Bezos, selon un enregistrement diffusé sur Twitter par l’AECJ.

Le licenciement de certains employés, dont Maren Costa, le départ de Tim Bray et des mouvements de grève ont fait beaucoup de bruit aux États-Unis en avril.

Amazon avait assuré que ces employés avaient été remerciés pour avoir enfreint le règlement de façon répétée, et non pas pour avoir mené des actions de protestation.

« La toxicité fait partie prenante de nos activités. La pollution cause des retards de développement des poumons, de l’asthme et des taux de mortalité plus élevés face à la COVID-19 dans les communautés noire et latino », a continué Maren Costa.

Amazon n’a pas réagi dans l’immédiat aux requêtes de l’AFP.