(Calgary) WestJet Airlines a annoncé jeudi qu’elle mettrait à pied 1700 pilotes alors que le transporteur aérien continue de lutter contre les retombées de la pandémie de COVID-19.

La Presse canadienne

Selon l’association des pilotes de lignes aériennes (ALPA), 700 employés ont reçu des avis de mise à pied qui seront en vigueur à compter du 1er mai, et 1000 autres en ont reçu en vue d’une mise à pied le 1er juin, selon l’ancienneté.

Les mises à pied surviennent alors que l’industrie des voyages s’est effondrée partout dans le monde, avec les fermetures de frontières et un plongeon de la demande. WestJet a stationné près de trois quarts de sa flotte, et Air Canada a suspendu la grande majorité de ses vols jusqu’à la fin mai.

« Les mises à pied, en réponse à cette crise, ont toujours été un dernier recours pour WestJet. Cependant, l’impact de la COVID-19 sur l’industrie aéronautique est colossal, et WestJet prend des décisions difficiles, mais nécessaires pour ajuster la taille de la ligne aérienne afin de traverser la crise », a affirmé un porte-parole dans un courriel.

Il y a une semaine, l’entreprise de Calgary a annoncé qu’elle réintégrerait près de 6400 travailleurs mis à pied à sa liste de paie grâce au programme de subventions salariales d’urgence d’Ottawa.

Les mises à pied antérieures n’ont pas affecté les pilotes, qui avaient signé un protocole d’accord pour rester à l’emploi de l’entreprise jusqu’à la fin avril. WestJet a précisé que les 1700 pilotes mis à pied seraient mis en statut inactif et pourraient accéder à la subvention salariale fédérale.

Les congés forcés toucheront le service principal du transporteur, WestJet Encore et sa filiale à bas prix Swoop.

Le syndicat a indiqué jeudi dans un courriel que « des discussions (étaient) en cours pour atténuer les mises à pied de juin ».

Plus tôt cette semaine, l’Association internationale du transport aérien (IATA) a estimé que les revenus des passagers chuteraient de 314 milliards US cette année — une baisse de 55 % par rapport à 2019 — en raison des « sévères restrictions intérieures » s’étalant sur trois mois, et certains contrôles internationaux des voyages se prolongeant encore plus longtemps.

« Le monde se dirige vers une récession », a affirmé le groupe commercial, faisant valoir qu’une baisse de l’activité économique au deuxième trimestre entraînerait une baisse de 8 % de la demande des passagers au troisième trimestre.

Le directeur général de l’association, Alexandre de Juniac, a appelé à « un soulagement urgent » alors que « les perspectives de l’industrie s’assombrissent de jour en jour ».

Le Canada n’a pas encore proposé de plan de sauvetage pour les compagnies aériennes. Plus d’une dizaine de pays, allant de la Norvège à la Nouvelle-Zélande, ont lancé une bouée de sauvetage à leurs transporteurs sous forme de prêts, d’allégements fiscaux ou de soutien financier direct.