Pour propulser sa croissance, la chaîne de quincailleries BMR ambitionne de séduire les commerces indépendants et ceux de ses concurrents en Ontario. Mais le grand patron Pascal Houle refuse de dévoiler les objectifs qu’il s’est fixés.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

« L’Ontario, pour nous, c’est certainement un marché de prédilection […], ça représente un potentiel de développement incroyable », a déclaré mardi le PDG de BMR, Pascal Houle, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Le dirigeant a précisé que la populeuse province est un marché « de 15 milliards [de dollars], comparativement à 9 milliards au Québec », pour le secteur de la quincaillerie. Le chiffre de BMR est actuellement de 1,3 milliard.

BMR juge que l’Ontario est « un terrain fertile pour [son] modèle d’affaires d’entrepreneurs regroupés en réseau », étant donné qu’on y dénombre encore un « nombre important de quincailleries indépendantes ».

Actuellement, 10 des 303 magasins BMR se trouvent en Ontario. La très vaste majorité se trouve au Québec, les autres dans les Maritimes.

En entrevue avec La Presse après son allocution, M. Houle n’a pas voulu dire quels étaient ses objectifs dans la province voisine, que ce soit en nombre de magasins ou en pourcentage des ventes. « On travaille là-dessus, j’aime mieux attendre avant de m’avancer. […] Mais c’est sûr qu’une grande partie de la croissance de BMR va passer par l’Ontario dans les cinq prochaines années. »

Une hausse des revenus devrait également être générée par l’acquisition du distributeur de matériaux de construction Lefebvre et Benoît, l’été dernier. Les clients de cette entreprise de 650 employés érigent principalement des immeubles commerciaux et des multilogements, tant au Québec qu’en Ontario, rappelle M. Houle.

Le défi de la décennie

BMR espère aussi croître au Québec puisqu’il y a « encore de la place dans plusieurs marchés », selon son PDG. Celui-ci a cependant reconnu que la croissance était « certainement le plus gros défi de la décennie ».

Car la concurrence des géants, a-t-il indiqué, n’a « jamais été aussi féroce ». Et les consommateurs ont complètement changé leurs habitudes d’achat en se tournant de plus en plus vers le web. BMR vend en ligne depuis avril 2018 seulement.

« Le rouleau compresseur qu’est devenu Amazon », la popularité croissante de Wayfair et les investissements massifs de Home Depot en commerce électronique rendent l’environnement difficile pour les petits acteurs, a souligné M. Houle, parce que les consommateurs ont les mêmes attentes envers tous les détaillants. Et ce, peu importe leur taille et leurs moyens financiers.

En 2017, Home Depot a annoncé un investissement de 5,4 milliards de dollars dans sa stratégie numérique. Juste pour vous dire, c’est quatre fois notre chiffre d’affaires !

Pascal Houle, PDG de BMR

Mais BMR ne regardera pas le train passer et compte aussi investir dans son virage numérique pour offrir à ses clients une expérience omnicanal (possibilité d’acheter en ligne et de retourner la marchandise en magasin, par exemple). La réussite d’un tel projet nécessitera toutefois l’adhésion des marchands, qui sont tous des propriétaires indépendants.

« C’est majeur comme transformation. […] Sans ouverture et investissements de leur part, c’est impossible pour nous de réussir notre virage numérique », a prévenu M. Houle.

Répartition géographique des magasins BMR

Québec : 266

Nouveau-Brunswick : 13

Ontario : 10

Nouvelle-Écosse : 10

Île-du-Prince-Édouard : 4

Total : 303