(Sydney) La banque australienne Westpac, l’une des quatre plus importantes du pays, a annoncé la démission de son directeur général Brian Hartzer, après que le régulateur a accusé la banque de violations des lois anti-blanchiment à hauteur de plus de 7 milliards de dollars.

Agence France-Presse

«En tant que directeur général, j’accepte le fait d’être au bout du compte placé face à mes responsabilités pour tout ce qui se passe au sein de la banque», a déclaré M. Hartzer, cité dans un communiqué.

«Et il est clair que nous avons été bien loin de ce que tous attendent de nous, et de ce que nous attendons de nous-mêmes», a-t-il ajouté.

Le président Lindsay Maxsted quittera la banque «au premier semestre 2020» et un vétéran du conseil d’administration, Ewen Crouch, ne briguera pas la réélection le mois prochain, a ajouté la banque, qui va se doter d’une nouvelle équipe de direction pour gérer les retombées du scandale.

L’actuel directeur financier Peter King prendra la charge de directeur général le 2 décembre, par intérim, le temps de recruter un nouveau patron.

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Le directeur général de Westpac, Brian Hartzer.

Le service australien de renseignement financier Austrac a annoncé la semaine dernière avoir engagé des poursuites judiciaires contre l’établissement bancaire qui, selon lui, a omis de déclarer plus de 19,5 millions de transferts de fonds internationaux, dont des «transactions à haut risque» avec les Philippines et des pays d’Asie du Sud-Est, potentiellement liées à l’exploitation d’enfants.  

«Le bureau reconnaît la gravité des faits relevés par Austrac», a déclaré M. Maxsted dans un communiqué annonçant les changements. «Il est devenu évident qu’un changement de bureau et de direction était dans l’intérêt de la banque».

Le secteur financier australien et son «Big Four» (Commonwealth, NAB, ANZ et Westpac) ont vu leur réputation ternie par des scandales en série ces dernières années, notamment la publication en février d’une enquête épinglant les mauvaises pratiques du secteur financier du pays.

Le régulateur avait dénoncé des facturations abusives de services, à des clients morts par exemple, ou encore des méthodes de vente agressives de produits financiers mal adaptés aux clients.