(San Francisco) Ils n’étaient même pas 10 ; ils sont désormais 45 États américains à enquêter sur la gestion des données personnelles et les pratiques commerciales de Facebook, déjà sous le coup de plusieurs investigations des autorités aux États-Unis.

Agence France-Presse

« Après des entretiens avec des procureurs des deux bords politiques dans tout le pays, j’annonce aujourd’hui que nous avons largement étendu la liste d’États, de districts et de territoires qui enquêtent sur de potentielles infractions au droit de la concurrence par Facebook », a déclaré mardi Letitia James, procureure générale de l’État de New York.

La coalition qui a lancé cette vaste enquête début septembre compte désormais 47 procureurs généraux, « tous inquiets que Facebook ait pu mettre en danger les données des consommateurs, ait réduit la qualité des choix s’offrant à eux, et augmenté le prix de la publicité », a-t-elle ajouté.

« Facebook a joué un rôle majeur dans le façonnement de l’économie numérique mondiale […] », argumente Dana Nessel, procureure générale du Michigan. « Aujourd’hui, nos données personnelles constituent la principale matière première de cette économie […] et il est de mon devoir de m’assurer que les résidents du Michigan ne continuent pas à voir leurs données personnelles pillées par un acteur monopolistique en quête de contrôle des plateformes sociales et des marchés publicitaires ».

Le géant américain des réseaux sociaux a vu les fronts judiciaires se multiplier aux États-Unis cet été, comme d’autres entreprises de la Silicon Valley (Google et Apple notamment).

Début juin, la commission judiciaire de la Chambre des représentants a annoncé l’ouverture d’une enquête, soutenue par des élus des deux partis, sur « la concurrence sur le marché numérique ».

Au niveau fédéral, une vaste enquête sur d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles des grands groupes technologiques a été lancée fin juillet par le ministère de la Justice.

À la même période, Facebook écopait d’une amende record de 5 milliards de dollars, infligée par la FTC, l’autorité américaine de régulation des communications, pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs.

La firme de Menlo Park est aussi très présente dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2020. La sénatrice américaine Elizabeth Warren, candidate à l’investiture démocrate, prône un démantèlement des géants technologiques.

Mais pour Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, diviser son entreprise ne résoudrait pas les problèmes évoqués. « Si elle est élue présidente, je parie que nous aurons un combat judiciaire, et je parie que nous le gagnerons », a-t-il dit à ses employés lors d’une session de questions-réponses interne, diffusée ensuite sur son réseau.

L’action du groupe perdait 3 % à Wall Street.