Le détaillant de style japonais Miniso, qui a connu une croissance fulgurante dans le monde ces dernières années, bat de l’aile au Canada. À l’abri de ses créanciers depuis juillet, l’entreprise vient de fermer presque tous ses magasins du Québec, un an seulement après y avoir posé le pied.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Des succursales à Anjou, Pointe-Claire, Rosemère, Laval, Repentigny et Montréal, notamment, viennent d’être abandonnées. Sur les 13 points de vente que comptait la chaîne dans la province, seulement 4 resteront ouverts (Place Alexis-Nihon, Carrefour Angrignon, Place Vertu et rue Sainte-Catherine), a indiqué à La Presse une employée.

Miniso propose une sélection d’articles aussi vaste qu’hétéroclite : vaisselle, maquillage, haut-parleurs, parapluies, collations, pantoufles, parfum, écrans protecteurs pour les téléphones, objets de décoration, alouette.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Le magasin Miniso de la rue Sainte-Catherine, à Montréal

L’entreprise, qui se décrit comme un « leader mondial de la vente au détail qui exerce l’industrie de haute qualité et à faible coût », compte plus de 3600 magasins dans 86 pays éparpillés sur tous les continents, selon son site web.

Au Canada, Miniso comptait 650 employés et 67 magasins – en juillet, selon les documents officiels remis au tribunal – tandis que 11 étaient sur le point d’ouvrir. Ses bureaux principaux se trouvent à Vancouver, mais des gestionnaires travaillent aussi à Toronto et à Montréal.

Les ventes canadiennes, au dernier exercice clos à la fin mars, ont totalisé 49,3 millions de dollars, et la perte nette, 7,2 millions, a précisé le syndic responsable du dossier.

Grandes ambitions canadiennes

Miniso avait fait son entrée au Québec au printemps 2018, en ouvrant deux magasins rue Sainte-Catherine. Les dirigeants affirmaient alors avoir l’intention de procéder à 500 inaugurations au pays.

Certains y ont vu une nouvelle concurrence directe pour Dollarama. Mais les dirigeants de la chaîne montréalaise ont jugé que l’offre était trop différente pour avoir un impact notable.

L’entreprise, fondée au Japon mais désormais établie en Chine, affirme sur sa page web qu’elle croît à un rythme de « 80 à 100 » nouvelles succursales... par mois !

La division canadienne de Miniso s’est placée sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies le 12 juillet, en Colombie-Britannique. Le dernier rapport contrôleur fait état de 162 licenciements (dont 39 au siège social).