(Québec) L’avenir de Groupe Capitales Médias (GCM) sera connu le 6 novembre prochain, date à laquelle le syndic présentera à la Cour supérieure l’offre qu’il estime optimale au terme du processus d’acquisition de l’entreprise qui s’est placée en août dernier à l’abri de ses créanciers.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

GCM, qui publie six quotidiens régionaux à travers la province, dont Le Soleil à Québec, a les fonds nécessaires pour poursuivre ses opérations jusqu’à la mi-novembre, a confirmé mercredi Christian Bourque, du syndic PricewaterhouseCoopers. Or, les revenus publicitaires de l’entreprise se détériorent à une vitesse encore plus rapide que ce qui avait été prévu en août dernier (près de 10 % sous les prévisions). À l’époque, M. Bourque adoptait déjà « une hypothèse conservatrice ». Le calendrier pour trouver un ou des repreneurs est donc encore plus « serré », a-t-il convenu mercredi.  

Selon les échéanciers qui ont été approuvés mercredi par le juge Daniel Dumais, responsable de la chambre commerciale à la Cour supérieure, à Québec, les potentiels acquéreurs des six journaux régionaux ont jusqu’au 17 octobre pour signaler leur intérêt au syndic. Ces derniers devront ensuite déposer une offre finale avant le 25 octobre. Le syndic signalera ensuite au juge Dumais le 6 novembre l’offre qu’il estime optimale.  

Une fois que le juge rendra sa décision, une ou des transactions pourraient se faire dans les jours suivants.


Toujours imprimés le lundi 

Stéphane Lavallée, président exécutif par intérim de Groupe Capitales Médias, a catégoriquement nié, mercredi, que les journaux de l’entreprise cesseraient d’être imprimés le lundi, comme l’a évoqué en mêlée de presse le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

« Cesser d’imprimer une journée ou plusieurs jours, ça prend une longue période de préparation et de communication auprès des lecteurs. Ce n’était pas possible de faire ça à l’intérieur d’un court délai », a-t-il affirmé. Selon lui, des mesures comme l’appel aux dons, la publication de cahiers spéciaux et l’augmentation des tarifs d’abonnement permettront à l’entreprise de maintenir ses opérations jusqu’à ce qu’elle trouve un nouvel acquéreur à la mi-novembre.  

Si un des quotidiens de GCM ne trouvait pas preneur au terme de la période de sollicitation, fin octobre, cela pourrait toutefois marquer la fin de ses opérations, a dit Christian Bourque de PricewaterhouseCoopers, mercredi.  

Interrogé à la Cour sur les dettes et les obligations financières de l’entreprise, M. Bourque a également affirmé que Gesca avait radié une dette de 15 millions que lui devait Groupe Capitales Médias depuis 2015, année où l’entreprise avait acheté Ses six quotidiens régionaux. Or, ce montant n’équivaut pas nécessairement à la valeur totale de la transaction de l’époque, a-t-il précisé, mais bien du montant qu’il restait à payer.  


GROUPE CAPITALES MÉDIAS, EN BREF 

- 6 quotidiens régionaux : Le Soleil, La Tribune, La Voix de l’Est, Le Droit, Le Nouvelliste et Le Quotidien.  

- L’entreprise a obtenu en août dernier la protection de la Cour pour se mettre à l’abri de ses créanciers. Ses pertes pour 2019 étaient alors chiffrées autour de 6 millions.  

- GCM a également reçu un prêt d’urgence de 5 millions d’Investissement Québec, afin de lui permettre de poursuivre ses activités le temps de compléter le processus pour trouver un ou des acquéreurs.