(New York) WeWork, qui a lancé une véritable révolution des bureaux partagés, a confirmé vendredi son intention d’entrer en Bourse cette année en choisissant le NASDAQ comme plateforme d’échanges et annoncé une série de mesures pour améliorer sa gouvernance et réduire l’influence de son PDG.

Luc OLINGA
Agence France-Presse

L’entreprise, dont l’arrivée à Wall Street était considérée comme incertaine en raison du scepticisme de certains de ses investisseurs au premier rang desquels le groupe japonais Softbank, indique que son action sera cotée sous le symbole « WE ».

Elle compte lever entre 3 et 4 milliards de dollars au cours de cette transaction.

Selon une source proche du dossier ayant requis l’anonymat, le baptême boursier pourra se faire lors de la semaine du 23 septembre.  

Gouvernance revue

WeWork devrait entamer lundi la traditionnelle tournée de présentation de l’entreprise aux potentiels investisseurs (roadshow), a ajouté cette source, généralement suivie une dizaine de jours plus tard par l’introduction en Bourse.

Pour séduire les investisseurs potentiels et éviter un accueil froid, WeWork s’est résolu à réduire les pouvoirs de son PDG fondateur Adam Neumann et va s’essayer à la transparence.

WeWork indique avoir réduit de moitié les droits de vote attachés à la classe d’actions dont dispose M. Neumann et assure qu’aucun membre de sa famille ne fera partie du conseil d’administration, selon des documents adressés au gendarme de la Bourse, la SEC.

Initialement, WeWork avait divisé ses actions en trois catégories : les titres de catégorie A étaient assortis d’un droit de vote par action, tandis que les titres de catégorie B et C disposaient de 20 droits de vote par action. En l’état M. Neumann aurait eu la majorité des droits de vote, ce qui aurait conforté sa mainmise sur l’entreprise.

WeWork assure vendredi que les titres de catégorie B et C ne disposent plus que de 10 droits de vote par action.

En outre, « aucun membre de la famille d’Adam ne sera membre du conseil d’administration », affirme encore WeWork, ajoutant que cette instance « a le droit de limoger le PDG ».

« Tout PDG qui succédera à Adam sera choisi par les membres de notre conseil d’administration, de façon collégiale. Nous ne nous reposerons pas sur un comité de succession », indique par ailleurs WeWork.

Plongeon de la valorisation

Ces dernières précisions sont importantes parce que Rebekah Neumann, la femme d’Adam et cousine de l’actrice Gymneth Paltrow, détient le titre de cofondatrice et de responsable de la marque entre autres.  

La mainmise de la famille Neumann sur WeWork et les manœuvres financières d’Adam avaient contribué ces derniers jours à alimenter les incertitudes sur l’entrée en Bourse prochaine de WeWork, qui a lancé une véritable révolution des bureaux partagés.  

La valorisation de l’entreprise a été divisée par plus de deux en neuf mois, à moins de 20 milliards de dollars, ont indiqué dimanche à l’AFP des sources proches du dossier.

M. Neumann est par exemple propriétaire de plusieurs des propriétés louées par WeWork et a emprunté de l’argent à la société à des taux d’intérêt avantageux. Un prêt de 7 millions de dollars octroyé en 2016 était assorti d’un taux de seulement 0,64 %.

Il a vendu des actions de la société et s’est vu prêter de l’argent pour une valeur totale de plus de 700 millions de dollars, ce qui est inhabituel de la part d’un fondateur avant une entrée en Bourse.

Il s’est engagé vendredi à limiter la vente de ses actions dans les trois années suivant l’introduction en Bourse.

Outre la gouvernance, les marchés financiers s’interrogent également sur la capacité de Wework à gagner de l’argent assez rapidement. L’entreprise a-t-elle les reins solides pour résister à un ralentissement de l’économie mondiale ? Telle est une des questions posées aux banques pilotant l’IPO (Goldman Sachs et JPMorgan Chase), d’après des sources proches.

La société a essuyé une perte nette de 1,9 milliard de dollars l’an dernier et présentait un déficit de 690 millions au premier semestre de l’année en cours.

Avec ses cafés gratuits, ses canapés et ses cloisons vitrées, WeWork est l’exemple le plus emblématique du « coworking » apparu dans les années 1990 et devenu ces dix dernières années l’une des grandes tendances de l’immobilier de bureaux.

La société est en train de se diversifier, en investissant dans la location d’appartements ou l’éducation.