Les actionnaires de Transat ont approuvé le plan d’arrangement prévoyant la vente de leur entreprise à Air Canada, en échange de 18 $ par action, avant même la tenue du vote prévue ce matin lors d’une assemblée extraordinaire des actionnaires

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

L’offre d’Air Canada devait recueillir l’appui des deux tiers d’entre eux. Environ 70 % des actionnaires se sont prononcés par voie de procuration avant la tenue de l’assemblée. Du lot, 95 % en a appuyé la transaction, donnant d’emblée à la direction de Transat l’assurance d’une réussite.

Environ 5 % des actionnaires ont ensuite fait connaître leur position lors de l’assemblée. Au total, la proposition d’Air Canada a ainsi été approuvée par 94,77 % des actionnaires de Transat s’étant exprimés.

La transaction devra maintenant être approuvée par différentes autorités réglementaires, notamment Transport Canada et le Bureau de la concurrence.

Au cours des derniers jours, le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, avait amorcé une campagne d’opinion publique, à titre personnel, pour faire rejeter la transaction. Il disait être intéressé, en compagnie de partenaires, à déposer une offre alternative en cas de rejet. Ces partenaires, selon des informations publiées par La Presse il y a quelques jours, sont Air France-KLM et Onex. Cette dernière vient de mettre la main sur WestJet.

M. Péladeau n’a pas assisté à l’assemblée.

Le cofondateur, président du conseil et président et chef de la direction de Transat, Jean-Marc Eustache, a vigoureusement défendu la transaction devant ses actionnaires.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Le cofondateur, président du conseil et président et chef de la direction de Transat, Jean-Marc Eustache

« Depuis deux ans, je me disais que ça devient très difficile comme industrie, a-t-il confié. Ça fait dix ans qu’on n’a pas fait d’argent sur le Sud. Récemment, on faisait de l’argent une année sur deux vers l’Europe. »

La concurrence, fait-il valoir, est mondiale, en évoquant les noms d’Air France, Level, Norwegian et WOW.

« Est-ce que le petit Transat peut réussir seul ? », a-t-il demandé, en suggérant que non.

Il s’est également défendu de percevoir des sommes importantes au terme de cette transaction.

« Je considère, moi, Jean-Marc Eustache, petit immigrant débarqué ici à l’âge de 9 ans, qui ait 71 ans, bientôt 72, que je n’ai pas volé l’argent des actionnaires, de mes employés ou de la population et des consommateurs québécois. »

Il répondait à une question de Willie Gagnon, représentant du Mouvement de défense des actionnaires (MEDAC), qui s’était lui aussi prononcé contre la transaction.

« J’ai l’impression d’assister à des funérailles, même si beaucoup de gens ici ont le sourire », avait notamment lancé M. Gagnon.