Petit coup de théâtre, hier, à l’assemblée des actionnaires de Thérapeutique Knight. L’administrateur et actionnaire mécontent qui menait une bataille de procurations dans le but d’apporter des changements stratégiques au sein de la société pharmaceutique montréalaise a retiré sa candidature juste avant l’assemblée.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

« Je crois pouvoir être plus efficace dans le futur en tant que simple actionnaire actif », a fait savoir Meir Jakobsohn, qui détient 7 % des actions de Knight par l’entremise de sa société Medison.

Il souhaitait l’élection de nouveaux administrateurs au conseil. Un seul des candidats qu’il avait recrutés — Kevin Cameron — accédera au conseil d’administration.

Dans les dernières semaines, Meir Jakobsohn avait notamment reproché à Knight de « rester assise » sur ses liquidités (plus de 750 millions). Il avait aussi soulevé des allégations de conflit d’intérêts à l’endroit du fondateur et grand patron, Jonathan Goodman, en raison de sa participation dans Pharmascience, une société exploitée par son frère David et son père Maurice, tous deux présents dans la salle hier.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Jonathan Goodman, fondateur et grand patron de Thérapeutique Knight

Des actionnaires ont interpellé Jonathan Goodman durant l’assemblée pour entendre ce qu’il avait à dire sur le possible conflit d’intérêts l’impliquant, mais aussi sur l’état de la relation entre Knight et Medison, indique le gestionnaire de portefeuille chez Medici, Pierre-Olivier Langevin, qui était présent en tant qu’actionnaire institutionnel.

« Nous avons appuyé la direction actuelle alors nous sommes heureux du résultat. Ce qui nous rend enthousiaste, c’est qu’on sent qu’il [Jonathan Goodman] est prêt à abaisser le taux de rendement qu’il espère obtenir en déployant du capital. » — Pierre-Olivier Langevin, gestionnaire de portefeuille chez Medici

« Ma crainte était qu’il ne veuille rien changer. Les dirigeants sont prêts à changer certaines choses. Ils sont donc à l’écoute des actionnaires. »

Il n’a pas été possible de parler à Jonathan Goodman. Mais il a toutefois réagi par courriel en utilisant même un jeu de mots pour commenter. « Nous sommes reconnaissant envers nos actionnaires pour nous avoir aidé à mettre cette affaire inutile, ce “Knight-Meir”, derrière nous. »

Avant de fonder Knight il y a cinq ans, Jonathan Goodman avait cofondé et dirigé Laboratoires Paladin, une entreprise rachetée par Endo Health Solutions en 2013 pour 3,2 milliards de dollars.

Le modèle d’affaires de Knight s’articule notamment autour de l’acquisition de licences pour des produits pharmaceutiques destinés au marché canadien et à des marchés internationaux choisis. En outre, Jonathan Goodman examine la possibilité d’acheter des entreprises, mais uniquement à des prix jugés « équitables ».

L’action de Knight a perdu près de 20 % de sa valeur depuis son sommet atteint en juillet dernier. Knight présentera demain sa performance financière de début d’exercice.