Le conglomérat industriel General Electric, en pleine mutation technologique, souffre de la faiblesse de la croissance et des difficultés continues dans le secteur pétrolier et gazier, qui affectent la demande pour ses produits.

Publié le 21 oct. 2016
Luc OLINGA AGENCE FRANCE-PRESSE

Le bénéfice net a plongé de 20,4% sur un an à 1,99 milliard de dollars au troisième trimestre, pour un chiffre d'affaires de 29,27 milliards de dollars, certes en hausse de 4,4% mais inférieur aux anticipations des marchés financiers (29,64 milliards).

Le conglomérat industriel, en pleine offensive dans les nouvelles technologies, explique que «les défis persistent dans le secteur des ressources naturelles» et «l'environnement économique, marqué par une faible croissance, reste volatil».

La division pétrole et gaz, qui représentait encore un peu plus de 14% du chiffre d'affaires il y a un an, a vu ses revenus chuter de 25% de sorte qu'elle ne constitue plus que 10% des recettes. Cette branche, qui fournit des équipements aux compagnies de prospection et de production d'hydrocarbures, a vu ses bénéfices être divisés par près de deux à 353 millions de dollars.

Pour arrêter l'hémorragie, GE a accentué ses réductions de coûts, qui passent par une réorganisation du parc immobilier des activités de fabrication et de services, une amélioration des relations avec les fournisseurs, des gains de productivité dans les sites de production et une réduction des frais généraux et de production.

À l'inverse, le co-fabricant du moteur d'avion de nouvelle génération Leap, a enregistré une hausse de 5% de son chiffre d'affaires dans l'aéronautique (21,5% du chiffre d'affaires) et de 37% dans l'énergie (22,2% des revenus). Cette dernière division est dopée par l'intégration d'Alstom dont GE a racheté le pôle énergie il y a un peu plus d'un an.

Baisse des commandes

La croissance observée dans l'aéronautique et l'énergie ne semble pas être suffisante pour doper le carnet de commandes, qui a diminué légèrement de 0,31% sur trois mois à 319 milliards de dollars.

Si les ordres de commandes ont progressé de 16% comparé à il y a un an du fait d'Alstom, ils sont en baisse de 6% à périmètre constant.

GE a en conséquence revu à la baisse ses ambitions et ne table plus que sur une croissance organique au maximum de 2% de son chiffre d'affaires en 2016, contre de 2 à 4% en juillet. Le bénéfice par action ajusté, qui sert de référence en Amérique du nord, devrait, lui, être compris entre 1,48 et 1,52 dollar contre de 1,45 à 1,55 dollar précédemment.

Cette prudence est de nature à relancer le débat sur le pari du PDG Jeff Immelt de recentrer GE sur ses racines industrielles: fabrication des turbines à gaz, centrales électriques, moteurs d'avions, équipements médicaux.

Ce faisant, le dirigeant a démantelé GE Capital, le bras financier du groupe, qui était considéré comme la cinquième banque américaine avant la crise financière de 2008 et vache à lait du groupe.

La transformation est quasiment terminée, a indiqué vendredi GE, qui est sous la pression du financier activiste américain Nelson Peltz, entré dans son capital en octobre 2015 via un investissement de 2,5 milliards de dollars.

Les résultats contrastés du troisième trimestre reflètent la grande exposition et dépendance de GE à la santé de l'économie mondiale, affectée par les incertitudes sur l'élection présidentielle américaine, la morosité de la conjoncture en Chine et dans les grands pays émergents et le ralentissement en Europe sur fond de taux d'intérêt négatifs et de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit).

D'autant que le numérique, nouveau créneau de croissance de GE, qui développe des applications et logiciels afin de proposer des services associés aux équipements industriels connectés, est encore loin de compenser un coup de mou d'une des branches industrielles.

À Wall Street, l'action GE baissait de 1,10% à 28,75 dollars vers 8h dans les échanges électroniques précédant l'ouverture de la séance, malgré l'annonce d'un nouveau programme de rachat d'actions de 4 milliards de dollars destinés à rémunérer indirectement les actionnaires.