Boeing a confié à Héroux-Devtek la fabrication des trains d'atterrissage principaux de tous ses futurs avions de chasse F18, un contrat de « centaines de millions de dollars » qui va inciter l'entreprise longueuilloise à regarnir ses effectifs.

Jean-François Codère LA PRESSE

La conclusion de cette entente a été annoncée après la clôture des marchés boursiers, hier soir, depuis Farnborough, où se tient cette semaine l'important Salon international de l'aéronautique.

Plus précisément, Héroux-Devtek se voit confier la fabrication du train arrière du F18 et de l'EA-18G, un avion à la structure identique, mais dont l'équipement est destiné à la surveillance plutôt qu'au combat.

« Les États-Unis ont déjà annoncé leur intention de s'en procurer encore environ 110 », a expliqué le président et chef de la direction d'Héroux-Devtek, Gilles Labbé. « Et il y en aura d'autres exportés vers d'autres pays. On en a pour plusieurs, plusieurs années. »

Héroux sera aussi chargée de la fabrication de pièces de rechange, autant pour les trains qu'elle va construire que pour ceux qui ont déjà été installés sur les quelque 700 F18 en circulation aux États-Unis. L'entreprise est aussi en processus de qualification afin d'obtenir le droit d'effectuer elle-même des travaux de réparation. Ces derniers ne font pas partie du contrat annoncé hier, mais pourraient éventuellement ajouter à la récolte d'Héroux.

« Quand on atterrit sur des porte-avions, c'est certain que ça nécessite plus d'entretien. » - Gilles Labbé

D'un point de vue technique, les trains d'atterrissage des avions de chasse sont parmi les plus complexes, car ils sont soumis à des conditions très difficiles.

« Boeing ne donne pas ça à des amateurs », se réjouit M. Labbé.

À la recherche de personnel

« On a l'intention de faire faire une bonne partie de ce travail au Canada », a indiqué M. Labbé.

Pour y arriver, l'entreprise devra toutefois parvenir à recruter du personnel additionnel. En début d'année, elle avait dû sabrer une soixantaine de postes après la perte d'un contrat d'entretien avec l'armée de l'air américaine. Elle avait toutefois pu en regagner une partie deux mois plus tard, à titre de sous-traitant d'AAR Corp., l'entreprise qui l'avait remporté.

Les acquisitions récentes de CESA, pour laquelle elle attend toujours les dernières autorisations du gouvernement espagnol, et de Beaver ont aussi emmené de l'eau au moulin de l'entreprise.

« On cherche des ingénieurs, des acheteurs, des gestionnaires de programme... », énumère M. Labbé.

L'obtention de ce nouveau contrat rapproche encore davantage Héroux-Devtek de Boeing, pour laquelle elle fabrique déjà les trains d'atterrissage du 777 et de l'hélicoptère Chinook, ainsi que des composantes des très populaires 737 et 787.

Boeing s'apprête par ailleurs, selon toute vraisemblance, à participer à l'appel d'offres organisé par le gouvernement fédéral en vue du renouvellement de sa flotte d'avions de chasse en offrant le F18. La contribution d'Héroux serait alors comptabilisée parmi le contenu canadien du contrat.

UNITED PRÉFÈRE EMBRAER

La cabine Atmosphère n'aura pas suffi à convaincre le transporteur américain United de préférer le CRJ à l'E175 d'Embraer, son rival direct. United a passé hier une commande pour 25 appareils brésiliens, d'une valeur totale de 1,1 milliard US, selon les prix de catalogue. L'annonce a soulevé quelques soupçons à Farnborough, puisqu'elle a été faite à peine quelques minutes après que United a aussi commandé 4 appareils 787 de Boeing. Même s'ils sont en discussion en vue d'un rapprochement, Boeing et Embraer n'ont théoriquement pas encore le droit de proposer des offres communes.

AFP

United a passé hier une commande pour 25 appareils brésiliens, d'une valeur totale de 1,1 milliard US, selon les prix de catalogue.

CURE DE JOUVENCE POUR LES AVIONS CRJ

Bombardier a profité hier de l'ouverture du Salon aéronautique de Farnborough pour démontrer le tout premier avion régional CRJ doté du nouvel aménagement intérieur, baptisé « Atmosphère » et construit en partenariat avec Zodiac. Le CRJ, fabriqué dans la région de Montréal, est désormais le plus gros avion chez Bombardier, avec le départ de la C Series.

Photo fournie par Bombardier

Bombardier a présenté hier au salon de Farnborough la nouvelle cabine de ses avions régionaux.

Photo fournie par Bombardier

La cabine Atmosphère