La compagnie nationale aérienne indienne Air India  cherche à obtenir un prêt de plusieurs millions de dollars de façon urgente afin de poursuivre son activité.

Publié le 8 juin 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

La compagnie, criblée de dettes, a indiqué, dans un communiqué posté sur son site, qu'elle voulait obtenir un prêt à court terme de 10 milliards de roupies (environ 192,2 millions de dollars canadiens)) «pour s'acquitter de ses besoins financiers opérationnels immédiats».

Air India n'a pas pu payer les salaires de son personnel dans les délais au cours des trois derniers mois, selon des informations de presse.

La demande de fonds, adressée mardi mais rendue publique jeudi, intervient quelques jours après que le gouvernement a annoncé qu'aucune offre n'avait été déposée pour reprendre une part majoritaire dans la compagnie. Le délai pour se manifester a pris fin jeudi.

Le gouvernement indien avait annoncé le 28 mars son intention de privatiser 76% du transporteur aérien national. Des investisseurs et autres compagnies aériennes avaient été dissuadées par les termes de l'opération, le gouvernement souhaitant se défaire d'Air India en un bloc, alors que sur ses six entités, trois sont déficitaires.

La compagnie aérienne indienne Vistara, coentreprise entre le géant indien Tata Group et Singapore Airlines (SIA), ainsi qu'InterGlobe Aviation Ltd, propriétaire du transporteur à bas prix Indigo, avaient été dans un premier temps liés à une reprise avant de s'écarter du processus d'appel d'offres.

Indigo était intéressée uniquement par les opérations internationales d'Air India et non par ses liaisons intérieures déficitaires.

Air India, qui a perdu des parts de marché au profit des compagnies low-cost, affiche une dette de près de 8 milliards de dollars et des pertes de près de 58 milliards de roupies (environ 1,1 milliard de dollars) pour l'exercice clos en mars 2017.

Des milliards de dollars ont été injectés dans le transporteur par les gouvernements successifs avant que le gouvernement de Narenda Modi ne donne le feu vert au projet de privatisation en 2017.