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CSeries: dépréciation en vue, selon la Scotia

Selon l'analyste Turan Quettawala, de la Banque Scotia,... (La Presse, David Boily)

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Selon l'analyste Turan Quettawala, de la Banque Scotia, la CSeries risque, dans son cadre actuel, de ne pas ajouter de valeur sur 20 ans même en tenant compte des projections de ventes les plus énergiques.

La Presse, David Boily

Richard Dufour

Après la charge de 1,4 milliard US dévoilée le mois dernier en lien avec la suspension du développement des avions d'affaires Learjet 85, la CSeries pourrait à son tour faire l'objet d'une charge spéciale chez Bombardier (T.BBD.B).

La Banque Scotia s'attend à ce que Bombardier inscrive une dépréciation significative liée à la CSeries dans ses états financiers.

Dans une note envoyée à ses clients, l'analyste Turan Quettawala estime que la possibilité est «très réelle» en raison des coûts beaucoup trop élevés du programme, qui ont augmenté de 2 milliards et atteignent maintenant 5,4 milliards US. Selon l'analyste, la CSeries risque, dans son cadre actuel, de ne pas ajouter de valeur sur 20 ans même en tenant compte des projections de ventes les plus énergiques.

«Bien qu'il soit difficile d'anticiper comment les investisseurs réagiraient [à une dépréciation], ça permettrait de réajuster les attentes à un niveau plus bas, possiblement aussi une rentabilité future améliorée [effet sur les marges et l'amortissement], en plus d'aider la capacité de Bombardier à mieux concurrencer Airbus et Boeing», dit-il.

Le professeur Jacques Roy, de HEC Montréal, soutient que l'idée se défend. «Il faut comprendre que les perspectives sont moins roses que Bombardier le pensait au départ, notamment en raison de la décision de Boeing et Airbus d'équiper certains avions [Airbus Neo et Boeing 737 Max] de nouveaux moteurs. Ils en vendent comme des petits pains chauds et augmentent la cadence», dit-il.

«Les Airbus 320 sont dans le créneau du CS300 et ceux qui achètent ces avions-là sont des transporteurs à rabais, bien souvent en Asie. Airbus peut justement les vendre à rabais parce que la compagnie en a tellement fabriqué et elle est rendue à un stade avancé de sa courbe d'apprentissage.»

Le professeur Roy ajoute que le coût de fabrication par appareil diminue chaque fois que la production double et qu'Airbus réussit à fabriquer ses appareils de façon toujours plus efficace.

«Les avions peuvent ainsi être vendus moins chers. La manoeuvre évoquée par l'analyste de la Scotia ramènerait l'investissement initial à un niveau moins élevé, ce qui aiderait à le récupérer plus rapidement et permettrait d'abaisser le prix de vente plus vite. Si vous avez 5 milliards à amortir plutôt que 3, ça veut dire qu'il faut en fabriquer beaucoup plus pour amortir le programme.»

Hier, l'action de Bombardier a reculé de 1% pour clôturer à 2,41$ à la Bourse de Toronto.

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3,4 milliards

Coût de développement envisagé du programme CSeries

5,4 milliards

Coût de développement maintenant estimé




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