Après avoir considéré les États-Unis, l'Ontario et le Mexique, Bombardier Transport (T.BBD.B) a choisi Saint-Bruno pour y établir un nouveau centre de design et de conception des produits.

Marie Tison LA PRESSE

L'entreprise va également construire une nouvelle piste d'essai à son usine de La Pocatière. Ces projets nécessiteront des investissements de 17 millions de dollars au cours des 18 prochains mois, soit 7 millions à Saint-Bruno et 10 millions à La Pocatière.

Le président de Bombardier Transport Amérique du Nord, Raymond Bachant, a affirmé que le contrat des voitures du métro de Montréal ne constituait qu'un des nombreux critères qui avaient amené l'entreprise à choisir Saint-Bruno pour le centre de design et de conception.

«Il y a un bassin de centres de recherche universitaires avec lesquels ont peut créer des partenariats et il y a un bassin de talents», a-t-il expliqué en conférence de presse hier.

Un peu plus de 300 ingénieurs travaillent actuellement à la conception de produits chez Bombardier Transport à Saint-Bruno. La décision de l'entreprise permettra de consolider ces emplois. Le nouveau centre, qui devrait ouvrir ses portes au printemps 2012, permettra aux ingénieurs de concevoir des prototypes sur place. Les fournisseurs pourront également participer de près à la mise au point des produits en ayant des ingénieurs sur place.

«Le plus important, c'est de raccourcir le temps de développement afin d'être plus concurrentiels et d'aller chercher des commandes additionnelles, ce qui permettrait d'engager des employés supplémentaires», a déclaré M. Bachant.

Il a indiqué que les possibilités sur les marchés nord-américains du transport ferroviaire représentaient «des milliards de dollars». Il a notamment parlé des projets d'investissement d'Amtrak aux États-Unis, du métro de New York et de projets à San Francisco.

Le projet de trains à grande vitesse du président américain Barack Obama finira par représenter des occasions intéressantes, mais, pour l'instant, ce sont surtout les consultants qui bénéficient de ces investissements.

«Il n'y a pas encore eu d'appels d'offres pour du matériel roulant», a indiqué M. Bachant.

Au Canada, Bombardier Transport lorgne du côté d'un projet de train léger sur rail à Ottawa, d'une valeur totale de 1 milliard de dollars, infrastructures comprises, pour une ligne de 12,5 kilomètres.

«Nous travaillons fort sur cet appel d'offres», a déclaré M. Bachant.

»Excellent choix»

Le ministre des Transports du Québec, Sam Hamad, s'est réjoui de la décision de Bombardier Transport d'établir son centre de design à Saint-Bruno.

«C'est un excellent choix», a-t-il déclaré, rappelant que l'entreprise aurait pu décider de l'établir ailleurs qu'au Québec.

M. Bachant a d'ailleurs fait remarquer que le marché américain était 10 fois plus important que le marché canadien.

Bombardier Transport n'a pas encore fait de demande d'aide gouvernementale pour son projet, mais M. Bachant a indiqué que l'entreprise allait examiner les programmes existants. Elle espère aller chercher ainsi 20% du financement.

«Sur les plans de la recherche et du développement, il y a les crédits d'impôt que nous utilisons comme toute autre entreprise», a noté M. Bachant.

À La Pocatière, Bombardier Transport construira une piste d'essai d'un kilomètre qui sera entièrement couverte afin de permettre les essais toute l'année. Il sera notamment possible d'y faire des essais à vitesse maximale et des tests de freinage dynamique.

À l'heure actuelle, les installations de La Pocatière comportent une grande piste d'essai en boucle, à l'air libre, au beau milieu de champs de pommes de terre. Bombardier commencera à aménager la nouvelle piste à la fin de l'été à l'intérieur de cette boucle, ce qui devrait réduire de quelque peu la superficie consacrée à la pomme de terre.

Présent à l'annonce, le ministre des Transports, Sam Hamad, en a profité pour faire le point avec Bombardier sur l'avancement du projet des voitures du métro. Aucun retard n'est à signaler pour l'instant.

En vertu du contrat de 1,2 milliard, octroyé à un consortium formé de Bombardier et du français Alstom, les livraisons des voitures doivent s'étaler de février 2014 à septembre 2018.