Bombardier Aéronautique s'attend à enregistrer de nouvelles commandes pour des appareils de sa gamme CSeries cette année, mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, les acheteurs ne seront probablement pas Chinois.

Mis à jour le 18 mai 2011
Ross Marowits LA PRESSE CANADIENNE

D'après le président de la division d'aviation commerciale de Bombardier, Gary Scott, les compagnies aériennes de l'Empire du Milieu croissent en effet extrêmement rapidement et ne pourront peut-être pas se permettre d'attendre que la production du CSeries soit bien entamée, en 2014-2015.

M. Scott croit néanmoins que les choses finiront par débloquer pour Bombardier dans le pays le plus peuplé du monde. Selon lui, l'accord de collaboration conclu récemment avec la société chinoise Comac est d'ailleurs de bonne augure.

Jusqu'à maintenant, Bombardier a reçu 90 commandes pour des appareils de sa nouvelle gamme CSeries. Aucun client ne s'est manifesté depuis 15 mois. Les analystes espèrent des annonces au Salon du Bourget, à Paris en juin.

Bombardier n'essaie pas de faire coïncider le dévoilement de ses commandes avec des événements comme le Bourget. Gary Scott assure toutefois que d'autres bonnes nouvelles sont à venir.

Il affirme que l'échéancier de la CSeries est respecté et qu'aucun problème majeur n'est survenu dans la phase de développement.

Prévisions 2011-2030

Bombardier dévoilait mercredi ses prévisions pour le marché de l'aviation civile pour les 20 prochaines années.

Dans un communiqué, la multinationale québécoise a indiqué qu'elle s'attendait à ce que la Chine devienne le troisième plus important marché du monde pour les avions d'affaires et les avions commerciaux, derrière l'Europe et les États-Unis.

Bombardier estime que les avionneurs recevront 24 000 commandes pour des avions d'affaires comparables à ceux qu'elle produit d'ici 2030.

L'an dernier à pareille date, l'entreprise avait plutôt prévu 26 000 commandes. D'après le responsable du marketing pour les avions d'affaires, Rod Williams, la différence s'explique par la lenteur de la reprise dans l'industrie et particulièrement en ce qui concerne les petits avions.

D'après Bombardier, l'industrie devrait livrer environ 11 000 petits appareils d'affaires au cours des 20 prochaines années.

Les avions plus gros, dont ceux de la gamme Global, devraient quant à eux gagner en popularité auprès des gens d'affaires.

Au bout du compte, la valeur des commandes d'avions d'affaires devrait atteindre environ 626 milliards US en 20 ans.

Dans son communiqué, Bombardier affirme que «le marché a passé un moment critique et prend de l'élan».

Dans le marché des avions commerciaux, la demande pour des appareils moins coûteux et plus écologiques devrait être le principal moteur de la croissance au cours des 20 prochaines années.

La reprise économique mondiale devrait aussi inciter les transporteurs à renouveler leurs flotte.

Bombardier prévoit que 13 100 avions neufs d'une valeur totale de 639 milliards US trouveront preneur d'ici 2030. Quelque 7000 d'entre eux devraient se trouver dans la catégorie des appareils de 100 à 149 sièges.

L'entreprise québécoise devrait profiter de la manne, grâce à ses CRJ100 et à sa CSeries. Bombardier s'attend d'ailleurs à ce que la moitié des commandes d'avions de moins de 150 places lui revienne au cours des prochaines décennies.

Bombardier est le troisième plus gros avionneur du monde, derrière l'Américaine Boeing et l'Européenne Airbus.