L'arrivée d'un nouveau PDG est habituellement rassurante mais ce n'est pas le cas cette fois-ci chez Air Canada (T.AC.B), dont le titre recule fortement en Bourse mardi après-midi.

Michel Munger
Michel Munger LA PRESSE

En effet, l'action du transporteur aérienn a chuté de 22,61% ou 0,26$ à 0,89 au TSX avec le retour de Calin Rovinescu, qui remplace le démissionnaire Montie Brewer.

Pourquoi s'en faire ? Parce que M. Rovinescu a restructuré Air Canada en 2003 alors que la compagnie avait eu recours à la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers afin d'éviter la faillite.

Après avoir engagé un exercice douloureux comprenant des sacrifices de la part des employés, M. Rovinescu avait quitté Air Canada en 2004 pour diriger Genuity Capital Markets, une entreprise dont il est le cofondateur.

Le transporteur compose avec une situation qui a de quoi inquiéter tout gestionnaire. Air Canada vit avec des dettes et un déficit de régime de retraite croissants, une renégociation imminente des conventions collectives de travail et la dure concurrence de WestJet Airlines.

En ce qui concerne le régime de retraite à cotisations déterminées, dont les actifs étaient de 9,7 milliards de dollars mais avec un manque à gagner de 3,2 milliards au 31 décembre, Air Canada a dû contribuer 456 millions l'an dernier.

D'autre part, à pareille date, l'entreprise détenait seulement 1 milliard de liquidités. De plus, le 13 février, elle voyait une courte période de rentabilité prendre fin, déclarant une perte nette de 727 millions de dollars pour 2008.

David Newman, analyste financier à la Financière Banque Nationale, confirme que le changement de PDG a une odeur de restructuration.

«L'embauche de M. Rovinescu peut être vue comme positive, à notre avis, alors qu'il s'attaquera à la structure de coûts, à l'enjeu du régime de retraite et aux négociations avec les employés», indique M. Newman.

Selon lui, il n'est pas impossible pour Air Canada d'éviter le recours à la protection des tribunaux. David Newman rappelle que l'entreprise a recueili 700 millions de dollars de financement en quelques mois et qu'elle peut négocier une marge de manoeuvre pour ses dépôts auprès des émetteurs de cartes de crédit. Aussi, les prix pétroliers ont reculé.

Cependant, souligne l'analyste, «la compagnie n'est pas sortie du bois et c'est là que M. Rovinescu arrive».

Il faut donc s'attendre à une nouvelle période de vaches maigres...

Avec La Presse Canadienne